Après un démarrage remarquable de la 6e édition des Journées musicales de Carthage, prolongé jusque tard dans la nuit du 11 octobre 2019 dans la salle de l’Opéra (Cité de la culture) en présence d’Amine Bouhafa, de l’Orchestre symphonique tunisien et de son chef Mohamed Bouslama, place à une succession de concerts dont certains étaient inédits à Ennejma Ezzahra et à la salle de Théâtre des régions. Itinéraire d’une première journée musicale …

Bien avant le début des festivités musicales du jour, le palais Ennejma Ezzahra a abrité la rencontre professionnelle titrée « Meet & Greet ». Elle vise à favoriser les rencontre entre différents invités, artistes, festivaliers, personnes diverses issues du domaine musical, pluridisciplinaires et qui vont se rencontrer et échanger au fur à mesure de ces JMC 2019, particulièrement riches sur le plan de la programmation : les spectacles musicaux prévus s’ouvrent sur le monde entier notamment grâce à des concerts venus de l’Europe, du monde arabe et du continent africain.
L’après – midi du samedi était un avant – goût de ce qui attend les festivaliers présents à Ennejma Ezzahra mais surtout à la Cité de la culture. Toujours dans l’enceinte du palais du Baron d’Erlanger, le Malouf s’empare de ce temple de la musique traditionnelle tunisienne. Là-bas, s’organisera la compétition de Malouf qui mettra en concurrence différentes troupes tunisiennes qui devront faire leurs preuves sur scène face à un jury exigeant : le 12 octobre, c’est la Rachidia de Sousse qui a ouvert le bal, avec à sa tête Mohamed Ali Ben Cheikh.
Pendant 45 min, la troupe a fait des prouesses face à un public de mélomanes restreint mais passionné. Cette association veille à la diffusion et à la sauvegarde de la musique ancienne tuniso-arabe dans sa diversité. Sa cible est la nouvelle génération montante férue de musique traditionnelle.


Mais le démarrage en grande pompe s’est déroulé à quelques kilomètres de Sidi Bousaid, à la Cité de la culture. A partir de 18h30, c’est Nasreddine Chebli qui a mis le feu à la salle de Théâtre des régions en présentant son projet musical « Yufa ». Les sonorités rock, batterie, basse, guitare et musique occidentale ont fusionné avec le rythme de la musique populaire tunisienne. Le mélange fut détonant ! La prestation a été modernisée : on écoutait davantage une musique nord – africaine et de l’électroacoustique.
Mohamed Khachnaoui, Aymen Ben Attia, Belhassen Mihoub et au moins 5 autres musiciens se sont emparés de la scène à 18h30 pour présenter « Stambali Movement – Act 2 ». Leur musique recherchée va dans la continuité de ce qu’a présenté le groupe précédent : une immersion garantie dans le mysticisme de l’univers stambeli. Un acte 2 à la hauteur, après le succès du premier. Des instruments ancestraux chargés d’histoire tels que le Gombri, Gambra et Chkachak  ont raconté le passé d’une Afrique oubliée face à la guitare, guitare basse, batterie et piano : un son Afrobeats retentissant a conquis le public.
Les deux groupes ont fait une entrée fracassante dans la catégorie « compétition officielle ». Le public a été délocalisé dans l’enceinte du théâtre des Jeunes créateurs à partir de 21h pour les soirées JMC. La soirée fut divinement animée par le duo Jihed Khmiri et Dali Chebil qui ont présenté « Mina Nawa – Variations ». Il ne s’agissait pas d’une première : leur spectacle a bien été modifié en mieux. Il s’agit d’une création originale, une fusion de différents styles musicaux et des réinterprétations nouvelles de chansons extraites d’un large répertoire à l’aide d’un piano et de la voix puissante mais mélodieuse de Dali Chebil.
Le compositeur Seif Bennia a pris la relève, ensuite, toujours dans la même salle afin de présenter Saif Bennia Quintet. Il s’agit d’une visite guidée sonore dans le vécu du virtuose. Sa rencontre avec Sami Gharbi et Anis Bsila constitue une évolution dans sa carrière. Le trio s’est créé un univers singulier. Les deux musiciens Zied Chagway et Taoufik Tounsi ont rejoint récemment l’aventure.
Le 13 octobre s’est ouvert également avec du Malouf au Palais Ennejma Ezzahra. La compétition sera par contre féminine : Wafa Harbaoui présentera « Bine el Binine » suivie de Sabrine Jenhani qui jouera « Zay ». La soirée après 21h sera animée par le virtuose Amazigh Kateb au théâtre de l’Opéra.

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