Voter, en ce jour-tournant, c’est faire changer et prendre son destin en main, à en croire des jeunes électeurs. Yosra, à peine 20 ans, persiste et signe : « Nous devons choisir, nous devons aider notre pays à se relever ».

«Ou Kaïs Saïed ou Nabil Karoui, j’ai dû choisir mon président.. », ainsi s’exprime, le doigt trempé dans l’encre bleu, Sadok, un quadragénaire rencontré, hier, au centre de vote « Ibn Mandhour » à El Mourouj 1, alors qu’il a déjà fini par donner sa voix à l’un des deux candidats postulants au palais de Carthage pour le mandat présidentiel 2019-2024. Devant les bureaux de vote, il n’y avait ni foule ni longues files d’attentes. Soit, même constat qu’autrefois. Pourtant, le taux d’affluence a été jugé plus légèrement élevé par rapport au premier tour présidentiel du 15 septembre dernier. Le chef du centre précité, M. Lazhar Chihaoui, a témoigné d’une certaine embellie qui s’explique, selon lui, par un éveil de conscience électorale. D’autres prétendent que le récent face-à-face télévisé a pu aider à éclairer les lanternes et inciter à se rendre aux urnes.

Hier, à 13h, l’on a recensé quelque 1906 votants sur un total de 5670 électeurs inscrits à ce centre, soutient M. Chihaoui, précisant que le taux de participation a frôlé les 30%. Autre constat de visu à relever, l’absence quasi-généralisée des observateurs des élections. Et pas, non plus, des représentants des deux candidats en lice. Sur les réseaux sociaux, un tel état de fait largement critiqué a fini par nourrir craintes et suspicions, au point de demander à l’Isie des explications là-dessus. Sinon, matériel électoral en place, bureaux de vote ouverts à l’heure et leurs agents étaient en place. Et le chef dudit centre d’ajouter : «Toutes les conditions de réussite de ce scrutin étaient bel et bien réunies ». L’ambiance était, de même, habituelle. Sans surprises ni infractions signalées!

Pour la Tunisie et pour l’histoire

Du reste, on est sur la dernière ligne droite. Voter, en ce jour-tournant, c’est faire changer et prendre son destin en main, à croire des jeunes électeurs. Yosra, à peine 20 ans, persiste et signe : « Nous devons choisir, nous devons aider notre pays à se relever ».

Elle a voté pour qui lui semblait le mieux à même de conduire la Tunisie. Et de poursuivre qu’il n’y a plus de temps à perdre, il faut agir dans le bon sens. Son témoignage a été ainsi un message à ses pairs, afin de les inciter à aller exercer leur devoir, à être au rendez-vous avec l’histoire. Sa camarade Emna paraît, elle aussi, décisive : « Pas question, je dois faire mon choix ».

Pour elle, la campagne facebokienne semble avoir porté ses fruits. « Personnellement, j’en étais convaincue et c’est elle qui m’a poussée à décider de venir aujourd’hui voter », livre-t-elle, se félicitant d’avoir, finalement, opté pour la Tunisie.

D’autres jeunes nous ont fait remarquer que l’essentiel est de ne pas laisser pareille occasion passer sans avoir un mot à dire. Pour la patrie et pour l’histoire, certes !

Kamel Ferchichi

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