La violation du silence électoral, la publicité politique et la propagande le jour même du scrutin ont été signalées par l’Inlucc. Ces dépassements ont causé du tort au principe de neutralité entre les candidats et perturbé quelque part le bon déroulement des élections.

L’Instance nationale de lutte contre la corruption a poursuivi sa mission d’observation le jour du scrutin pour relever certaines infractions et défaillances d’ordre organisationnel et déontologique. Dans ce cadre, la Commission nationale anticorruption veille à l’intégrité et la transparence du processus électoral. Cela lui a permis de soumettre un rapport initial sur les dépassements lors du second tour de l’élection présidentielle du 13 octobre. L’Inlucc a agi sous le slogan : « La Tunisie élit et la Commission surveille l’engagement et l’intégrité du processus électoral » pour veiller au grain et s’assurer du bon déroulement des élections. Une série d’avis et de plaintes écrites sur les violations électorales commises par les citoyens sont parvenues à l’administration de l’Inlucc. Certaines voix ont pu dénoncer, à travers le numéro vert mis à disposition les deux jours du scrutin les 12 et 13 octobre à l’étranger et en Tunisie, des infractions et des irrégularités commises ici et là. Sur la base des rapports reçus, la commission a compilé et documenté un ensemble de rapports et de plaintes reçus.

Entraves au processus électoral

L’absence d’observateurs de l’Instance supérieure indépendante pour les élections dans de nombreux bureaux de vote a été relevée. Pour autant, la campagne de contrôle se poursuivait de manière intense à tous les niveaux des bureaux de vote ou de dépouillement. On trouvera ci-après un échantillon des irrégularités électorales enregistrées les samedi 12 et dimanche 13 octobre. Il y a tout d’abord la violation du silence électoral la veille du scrutin, soit le 12 octobre. La propagande électorale le jour du scrutin est une ligne rouge qui a été elle aussi franchie. Le visionnage de deux émissions diffusées le 13 octobre, le jour du scrutin, sur une chaîne privée de télévision dirige clairement les électeurs vers la candidature proposée: une incitation malveillante qui témoigne de la publicité politique. Pareillement avec une radio cette fois, une émission diffusée sur une station privée le jour du scrutin a fait de la propagande politique pour inciter les électeurs à voter pour un candidat donné et bien déterminé. Par ailleurs, des cas de violence ont été observés de toutes parts.

Quand certaines parties se mettent carrément à acheter les voix des électeurs, il y a un nouveau pas franchi dans le mauvais déroulement du scrutin électoral.

Monnayage de voix des électeurs

Un parti s’est permis le luxe de monnayer les voix de certains électeurs pour un candidat précis contre le montant de cinquante dinars au marché hebdomadaire de Mornag. Une contribution financière d’un montant de soixante-dix dinars a été distribuée pour chaque électeur qui voterait pour un candidat déterminé. Une chose qu’on a pu vérifier au centre de vote de l’école des épiciers route de Mahdia (Sfax). Deux voitures, une Berlingo et une autre de marque inconnue, ont été remarquées en train de distribuer des sommes d’argent aux électeurs au centre de vote de l’école Ibn Khaldoun de Tebourba du gouvernorat de La Manouba. D’autres infractions du même genre ont été relevées dans les gouvernorats de Tunis et Ben Arous.

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