Avant-hier, s’ouvrait à la Cité de la culture la seconde édition des Rencontres internationales du film anti –corruption (du 17 au 20 octobre). L’inauguration du festival s’est déroulée avec la projection du nouveau film de Walid Tayaa, «Fataria».

Une salle comble, plusieurs ministres, des dizaines de personnalités du monde du cinéma et du journalisme et deux cents enfants actifs dans les clubs culturels venus de toute la République…Ce fut dans une ambiance bon enfant et avec des allures de fête que s’est ouverte à la Cité de la culture avant-hier la deuxième édition des Rencontres internationales du film anti-corruption (Rifac). Un événement organisé du 17 au 20 octobre par l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) en partenariat entre autres avec la Coopération technique allemande (GIZ), l’Institut français de coopération, l’Agence de coopération coréenne. Ces rencontres, les premières dans le monde arabe et africain et les quatrièmes au niveau international, qui ont acquis une grande notoriété, ont reçu cette année des centaines de propositions pour participer aux trois compétions : les courts métrages, les reportages journalistiques et les scénarios.
Elles en ont sélectionné dix travaux d’investigation, neuf scénarios et quatre courts métrages. Ces œuvres seront scrutées par trois jurys différents. Les Rifac 2019 qui ont programmé pour leur ouverture la projection du nouveau long métrage de Walid Tayaa, «Fataria», sont dédiées à des réalisateurs et personnalités passionnées de cinéma, qui nous ont quittés au cours de cette année : Chawki Mejri, Najib Ayed, Chiraz Bouzidi et Youssef Ben Youssef.

Le cinéma : langue propice pour sensibiliser les jeunes 
Président d’honneur des rencontres et président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption, le bâtonnier Chawki Tabib a annoncé, dans son discours d’ouverture, l’adhésion de la Tunisie le 17 octobre au Réseau international des instances luttant contre la corruption. Il a expliqué que l’idée des Rifac découle du slogan de son Instance : «Avec la culture nous combattons la corruption». Il ajoute : « Nous avons trouvé dans le cinéma la langue et l’outil les plus proches pour sensibiliser les jeunes à cette cause».
Afin d’accroître la visibilité du festival, les organisateurs associent cette fois un groupe de jeunes venus des différentes régions du pays participer à l’évaluation et au débat autour des diverses productions journalistiques et artistiques. D’autre part, un programme spécial est dédié aux enfants membres des Clubs de Citoyenneté qui couvrent plusieurs coins de la République. Le programme comprend des projections de courts métrages pour enfants et une présentation du conte «Nazih», produit par l’Inlucc.

«Fataria» : burlesque, excessif, coloré et tendre
Le film «Fataria» du jeune cinéaste Walid Tayaa se présente comme un bon choix pour l’inauguration des rencontres. La production de 80 minutes se déroule le temps d’une journée très particulière, celle de l’organisation à Tunis du Sommet des pays arabes en 2004. Traitant avec le ton de l’humour et de la dérision jusqu’à l’absurde du sujet de la débrouillardise et de la corruption au temps de Ben Ali, le réalisateur a inventé des personnages proches du peuple et des situations des plus cocasses pour soulever des questions toujours d’actualité.
Clientélisme, pourrissement du service public, hospitalier notamment, primauté de l’argent dans les relations sociales, contradiction entre propagande politique et réalité…font partie des thématiques abordées dans le film. Walid Tayaa a réuni des acteurs de grand talent, tels Issa Harrath, Sabah Bouzouita, Rym Hamrouni et Jamal Madani pour jouer dans cette comédie loufoque qui s’inspire beaucoup des comédies italiennes des années 50 et 60, colorées, tendres et excessives. «Fataria» est distribué par Hakka distribution, il est projeté dans les salles du pays depuis le 25 septembre dernier. Dans le registre du burlesque tunisien, le film s’avance comme une vraie pépite !

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