MERCREDI prochain 23 octobre, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) tiendra, au palais du Bardo, une séance plénière solennelle au cours de laquelle le nouveau Président, Kaïs Saïed, prêtera serment, prononcera le discours d’investiture et prendra officiellement ses fonctions de 7e président de la République Tunisienne.
Un événement que les Tunisiens attendent avec impatience dans la mesure où la journée de mercredi prochain constitue un instant historique d’une importance symbolique certaine témoignant de la réussite de la Tunisie post-révolution à faire de l’alternance pacifique au pouvoir, notamment celui de la présidence de la République, un comportement ordinaire que tous considèrent comme le pilier fondamental de l’expérience démocratique tunisienne.
Un moment d’une intensité émotionnelle particulière en ce sens que les Tunisiens s’attendent à ce que leur nouveau Président prononce un discours d’investiture dans lequel ils espèrent le voir migrer du statut de candidat au palais de Carthage à celui de Président de tous les Tunisiens, qui fait en sorte que ses propos, ses analyses, ses promesses prennent en considération les attentes et les aspirations des électeurs qui lui ont accordé leur confiance mais aussi celles de ceux qui ont voté pour son concurrent.
Et plusieurs parmi les analystes et les observateurs qui scrutent toujours la moindre déclaration ou réaction du Président Kaïs Saïed (à condition qu’il la reconnaisse lui-même clairement) n’ont pas hésité à l’appeler à dépasser le discours d’incitation ou purement électoraliste présenté jusqu’ici comme «le discours du retour de la révolution» pour adopter un nouveau discours qui reflète les véritables difficultés et insiste surtout sur les compétences réelles attribuées au nouveau chef de l’Etat lui permettant de mettre à exécution ses promesses et ses programmes.
Pour être plus clair et plus direct, la question la plus persistante que se posent les partisans de Kaïs Saïed et ceux qui s’opposent à son approche est la suivante : la journée de mercredi prochain nous offrira-t-elle l’opportunité de découvrir un intellectuel antisystème décidé à s’intégrer dans ce système pour peut-être le détruire de l’intérieur ou nous permettra-t-elle de découvrir un nouveau président qui ne parviendra pas à se débarrasser de l’habit du contestataire permanent et qui nous obligera à revivre les années noires de la Troïka ?

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