Kaïs Saïed, nouveau président de la République, a enfin parlé au peuple tunisien en exposant son projet pour la Tunisie au cours des cinq prochaines années.

On l’a prédit et écrit à plusieurs reprises : la journée d’investiture du nouveau président de la République, Kaïs Saïed, au palais du Bardo sera «une journée exceptionnelle», un instant historique», «un moment à graver en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la Tunisie contemporaine», «un moment de migration effective des Tunisiens vers un nouveau projet de société» dont l’instauration a marqué un retard injustifiable de près de 9 ans mais qui a enfin pris forme et va se concrétiser dans les années, voire les mois à venir, à la faveur de ce que beaucoup d’observateurs et d’analystes appellent déjà «la révolution  des urnes» en qualifiant le plébiscite ayant porté Kaïs Saïed au Palais de Carthage grâce à la confiance lui accordée le 13 octobre près des deux tiers des électeurs, soit plus de deux millions sept cent soixante dix mille votants sur quelque trois millions de citoyens ayant participé au second tour de l’élection présidentielle.

Hier, les Tunisiens ont vu leurs attentes satisfaites, leurs aspirations concrétisées de voir l’homme qui a remporté haut la main leur confiance investi dans la lourde charge de veiller aux destinées du pays durant les cinq prochaines années lors d’une cérémonie qui restera gravée dans les mémoires par son caractère solennel et surtout par les significations qu’elle contient et les messages tranchants adressés par les partenaires à cette même cérémonie, dont en premier lieu le Président Kaïs Saïed, à l’opinion publique nationale et internationale avides, toutes les deux, de connaître l’homme de découvrir sa stratégie d’action d’avenir et d’être édifiées notamment sur sa capacité à ôter l’habit de l’intellectuel et de l’universitaire habitué à poser les questions et à soulever les problématiques pour porter celui de l’homme d’Etat qui propose les solutions et appelle à leur application.Les Tunisiens ont eu l’opportunité d’écouter leur nouveau président leur parler, durant près d’une demi-heure, le langage de la vérité, de l’audace, du courage et surtout des transformations que le paysage politique national aura à subir durant les cinq prochaines années, dans le sillage de la mise en application des idées ou des propositions qu’il a développées durant sa campagne électorale comme étant les fondements «de la société de droit» qui aura à remplacer le terme «Etat de droit et des institutions» dans le nouveau projet que professe le nouveau président de la République. Quant aux axes fondamentaux sur lesquels a reposé le discours d’investiture du président de la République, ils ont notamment tourné autour des questions de l’éradication du terrorisme, de la lutte contre la corruption, la contrebande et l’évasion fiscale, du renforcement des acquis de la femme, contrairement à certaines rumeurs qui lui imputaient l’intention de remettre en cause les réalisations accumulées au profit de la femme, et enfin l’écoute permanente des jeunes, de leurs préoccupations et surtout la satisfaction de leurs revendications. Pour résumer, les Tunisiens et les Tunisiennes ont vécu, hier, à la faveur du discours du Président Kaïs Saïed, le démarrage d’une nouvelle étape du processus de transition démocratique entamé il y a maintenant près de 9 ans.

Reste, toutefois, la question que tout le monde se pose: comment Kaïs Saïed va-t-il traiter avec le prochain gouvernement dont la formation est déjà confrontée à plusieurs obstacles avant même la désignation (par le chef de l’Etat) de la personnalité chargée de sa constitution?

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