Les tableaux racontent une épopée glorieuse, la création d’un empire, et la conquête d’un univers…

Il aura fallu une artiste venue de loin pour rendre hommage à la princesse vagabonde de notre mythologie familière. Elyssa-Didon a, certes, suscité des opéras, des romans ou des recherches sur les mythes, mais on ne trouve guère d’iconographies à son image. Salambo, Kahena, ou Diane la chasseresse avaient toutes inspiré peintres et dessinateurs. Curieusement, Elyssa restait sans image, oblitérée par on ne sait quel interdit.


Olga Malakhova, appartenant à d’autres horizons, d’autres esthétiques, n’était pas, quant à elle, victime d’une quelconque retenue. C’est donc avec une liberté totale qu’elle enfourcha le sujet, et déclina une «Lady Elyssa», flamboyante, conquérante, colorée, et multiethnique. Car dans ses représentations de la reine fugitive se mêlent harmonieusement influences des miniatures persanes, des enluminures d’icônes, des fixés sous- verres tunisiens, et des iconographies d’Europe centrale. Ses tableaux racontent une épopée glorieuse, la création d’un empire, et la conquête d’un univers. Cela au rythme frémissant de cavalcades, de traversées de mers hostiles, de valeureuses victoires. Cela donne lieu à des fresques minutieusement élaborées, finement ouvragées, ludiques, stylisées et symboliques, toutes de détails à déchiffrer, de références et de messages esthétiques.


Pour une telle exposition, atypique, surprenante par son approche décalée, il fallait un lieu, et il ne pouvait y en avoir qu’un : l’espace Elyssa bien sûr, qui, ouvert depuis quelques années, accueille artistes et designers, orchestre des rencontres entre eux, incite des plasticiens à travailler avec des artisans, et se fait foyer créatif et fécond. Les œuvres d’Olga Malakhova s’intègrent remarquablement dans cet environnement qui réussit à harmoniser avec brio savoir- faire traditionnel et créativité contemporaine. Et qui rend un bel hommage à la reine de Carthage

Charger plus d'articles
Charger plus par Alya HAMZA
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire