Le Dr Lotfi Mraïhi, président de l’Union populaire républicaine et ancien candidat à l’élection présidentielle, souligne que son parti est prêt «à soutenir le prochain gouvernement et à lui prêter main-forte»

Avec trois sièges à l’ARP, l’Union populaire républicaine (UPR) compte, dès maintenant, se mettre dans l’opposition. Sans pour autant être, en aucun cas, un parti bloquant. C’est ce qu’a, d’ailleurs, décidé son président M. Lotfi Mraihi, un des 26 candidats à la présidentielle anticipée face à M. Kaïs Saied, le nouveau chef d’Etat qui vient, à peine, de prendre ses fonctions à Carthage. Etant fier de ses résultats lors des législatives du 6 octobre, le parti a voulu rendre à ses adhérents et sympathisants un tout petit geste qui soit symbolique, mais aussi encourageant.

C’était hier à Tunis qu’une cérémonie a eu lieu, spécialement, en l’honneur de ses nouveaux élus au Parlement, représentant ainsi les circonscriptions de Ben Arous, Monastir et Kasserine. Bien que seuls trois seuls gagnants sur 22 listes candidates à l’intérieur du pays et à l’étranger ont réussi à intégrer le palais du Bardo, le fait d’y arriver à arracher une place est en soi un succès, s’enorgueillit le Dr Mraihi, tout en félicitant, de même, les militants du parti. Sur son choix d’être dans l’opposition, il n’a pas manqué de déclarer son soutien constant et inconditionnel au futur gouvernement. «Si volonté politique il y a pour servir le peuple et le pays, l’UPR n’hésitera pas à l’applaudir et lui prêter main forte », s’engage-t-il, optimiste. D’après lui, être dans l’autre camp peut aussi avoir le sens d’un contrepoint. «Cela veut dire qu’on ne campera catégoriquement pas sur telle ou telle position, mais on penchera, plutôt, vers une opposition positive, responsable et patriotique… », explique-t-il encore.

La parole aux élus

Toutefois, l’UPR ne donnera pas un blanc-seing à quiconque, surtout lorsqu’il s’agit des questions liées à la stabilité et à la souveraineté de l’Etat. La première revendication à exprimer une fois les députés de l’UPR installés à l’assemblée, est l’appel à la démission imminente du gouverneur de la Banque centrale, M. Marwene Abbassi. Dr. Mraihi a qualifié sa politique monétaire d’un fiasco sur tous les plans. A ses dires, l’homme n’a pas réussi son passage à la tête de la BCT, ni honorer les engagements de l’Etat à réduire l’inflation, préserver le dinar et rétablir les équilibres financiers. Dans son mot de bienvenue, il a réitéré aux nouveaux élus ses marques d’estime et de considération pour la campagne qu’ils ont menée, partout avec succès, auprès de leurs électeurs. Et c’est à eux de dire ce qu’ils ont à faire durant leur mandat à l’ARP. Tour à tour, ils ont pris la parole pour présenter aux médias leurs programmes. M. Jamel Bedhiafi, député au nom de Ben Arous, a promis de faire de son mieux pour répondre aux attentes des habitants dans sa région, mais aussi de celles de tous les Tunisiens. Il s’est dit engagé à défendre le programme économique de son parti.  Son camarade M. Adnène Ben Brahim, représentant la région de Monastir, s’est étalé sur deux points politique et économique. Le premier concernera la création d’un conseil national constitutif de la démocratie tunisienne auquel seront conviés partis politiques, société civile et médias. Le second point sera purement économique basé sur la révision de notre politique monétaire, afin de réduire le taux d’inflation situé actuellement à près de 7%. Quant à au futur député sur la région de Kasserine, M. Aitallah Hichri, il a insisté sur les visites sur terrain pour être à l’écoute des préoccupations de sa région. Il s’est dit pour un nouveau modèle économique fondé sur le protectionnisme social motivé par l’intervention de l’Etat.

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