La mouvance du socialisme et du nationalisme arabe, qui a remporté 16 sièges aux législatives 2019, propose au président de la République «le gouvernement du président», en vertu duquel celui-ci supervisera lui-même le processus de formation du gouvernement à la place d’Ennahdha, le parti vainqueur aux élections législatives et qui a le droit, conformément à la Constitution, de former le nouveau gouvernement.

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu avant-hier soir à sa résidence le secrétaire général du mouvement Echâab, Zouheïr Maghzaoui, accompagné du membre de son bureau politique, Salem Labiadh, pour le «féliciter après son investiture», indique un communiqué diffusé par ce parti.

L’entretien a porté, selon la même source, sur «la situation générale dans le pays, les problèmes et les dossiers sur la scène nationale, l’approche du mouvement Echâab pour l’action parlementaire et gouvernementale, et la relation avec l’institution de la présidence».

Après la victoire de Kaïs Saïed au second tour de l’élection présidentielle, le mouvement Echâab, de la mouvance du socialisme et du nationalisme arabe, qui a remporté 16 sièges aux législatives 2019, avait récemment proposé au président de la République «le gouvernement du président», en vertu duquel celui-ci supervisera lui-même le processus de formation du gouvernement à la place d’Ennahdha, le parti vainqueur aux élections législatives et qui a le droit, conformément à la Constitution, de former le nouveau gouvernement.

Echâab estime que la formation du gouvernement sous la supervision du président de la République «facilitera son travail à l’avenir», car il «trouvera pour ses projets et ses perceptions un soutien populaire contribuant à leur réalisation».

Pour ce parti, l’attachement du parti Ennahdha à la formation d’un gouvernement est conforme à la Constitution, mais il «conduirait à un échec, d’autant qu’Ennahdha faisait partie du système au pouvoir ayant échoué et s’efforcerait de le reproduire».

En revanche, Ennahdha, qui a remporté 52 sièges au nouveau Parlement, a défendu, après la 32e session de son Conseil de la choura tenu samedi et dimanche derniers, sa décision «d’assumer la responsabilité de former et de diriger le gouvernement» ainsi que sa quête «d’approfondir le dialogue avec divers acteurs politiques et sociaux sur la base d’un programme garantissant un large soutien politique».

Le président du Conseil de la choura, Abdelkarim Harouni, a répliqué à la proposition du mouvement Echâab en soulignant que «la formation du gouvernement par le président de la République est une pratique révolue de l’ancien régime et ne correspond pas au nouveau système politique».

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