Le budget de l’Etat est la loi qui devrait refléter le plus la politique du gouvernement en Tunisie ou dans n’importe quel autre pays du monde. Il représente le coût annuel de l’Etat sur l’économie tunisienne. Il était de 18 milliards de dinars en 2010, qui représente l’année de référence, contre plus de 47 milliards de dinars prévus pour 2020. Son poids sur l’économie tunisienne était de 28%, alors que dans le monde, il devrait être aux alentours de 20%, donc pas loin des standards internationaux.
Pour 2020, ce poids va dépasser les 37% du PIB. L’Etat tunisien (l’administration, ministères, fonctionnaires et l’ensemble des dépenses de l’Etat) est devenu un poids lourd et coûteux pour l’économie tunisienne.
Le budget de l’Etat 2020 n’est pas un budget, c’est un document comptable: il ne comporte aucune politique ou mesure. Le gouvernement lègue à son successeur des dépenses de l’Etat qui seront en hausse de 15%, alors que la croissance est faible et la compensation ne fera pas l’endettement, la masse salariale sera de 20 milliards de dinars (45% du budget). Sachant que le chef du gouvernement et le gouverneur de la BCT ont signé un document dans lequel ils s’engagent envers le FMI à ce que cette masse ne dépasse pas les 12,4% du PIB en 2020. En outre, 11,4% milliards de dinars d’endettement sont prévus pour 2020, dont 8,8 milliards de dinars de l’extérieur. La dette de l’Etat et non pas de la Tunisie va dépasser 94 milliards de dinars en 2020. La dette extérieures de la Tunisie va dépasser les 110 milliards de dinars, plus de 100% du PIB.
La Tunisie ne sera pas capable de fournir ce montant. Le gouvernement évoquera alors dans le budget économique, un rééchelonnement de la dette extérieure. On va dire aux bailleurs de fonds qu’on est incapable de les rembourser.
L’intérêt de la dette sera de 12 milliards de dinars en 2020. Il a augmenté de 27% en un an, soit plus du quart du budget en remboursement de la dette de l’Etat, donc pas d’investissement.
Il y a une opération d’applaudissement méthodique de l’économie tunisienne et du citoyen tunisien. Abstraction faite des effets du glissement du dinar et de l’inflation, le PIB du pays est passé de 43 milliards à 35 milliards en 10 ans.
Le revenu moyen du Tunisien est passé, quant à lui, de 4.300 dollars en 2009 à 3.000 dollars en 2020. Par ailleurs, des réformes profondes devront être engagées d’urgence afin de sauver la Tunisie d’une grave crise économique.

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