Mokhtar Ladjimi, actuel président de l’Arft et du festival du cinéma tunisien, annonce qu’il ne se présente pas à un second mandat pour l’Association des réalisateurs de films tunisiens. Entretien


On croit savoir que vous ne vous présentez pas pour un second mandat à l’Arft…
Pour moi, il est incompatible de diriger un festival national (festival du cinéma tunisien) et d’être le président d’une association. La vocation d’un festival, de sa ligne directrice et ses prises de positions sont différentes de la vocation d’une association. Je pense que je ne peux pas faire le travail de ces deux structures.

La responsabilité et les soucis de cette association sont -ils devenus trop lourds pour vous?
Ce n’est pas le cas… Par contre, je suis quelqu’un qui plaide pour l’alternance… Je ne suis pas pour la succession des mandats. Je pense que j’ai fait ce que j’ai pu pour l’association avec les moyens à disposition. Je me suis réellement battu pour qu’il y ait un contrat type de droits d’auteur ( réalisateur et scénariste). J’espère que la nouvelle équipe prendra le relais. J’espère aussi que cette nouvelle équipe ne viendra pas faire de la figuration ou se positionner par rapport au métier. L’objectif de cette association est le militantisme culturel et cinéphilique.

Vos projets pour le festival du cinéma tunisien…
Continuer à soutenir les jeunes talents et le cinéma tunisien en général en créant ( après le festival ) des «best of». C’est-à-dire programmer les films primés à l’intérieur des gouvernorats et pourquoi pas à l’intérieur d’un certain nombre de pays comme la Belgique, la France, l’Egypte et le Liban. La troisième édition aura lieu du 31 mars au 5 avril. Cette année, on va focaliser essentiellement sur les films issus de l’immigration que ce soit du côté des réalisateurs ou des acteurs tunisiens. On veut également focaliser sur le cinéma de diaspora pour aider les cinéastes tunisiens à trouver des partenaires étrangers. On pense à consacrer une journée de réflexion autour de la taxe shelter. Il s’agit d’ouvrir des fenêtres pour nos cinéastes qui vivent à l’étranger pour avoir plus de partenaires. Et pourquoi pas réfléchir à une taxe shelter tunisienne ? Cela s’inscrira dans la réforme actuelle du cinéma tunisien. Je suis tout à fait pour cette taxe, mais il faut trouver quel est le meilleur modèle qui peut convenir à la Tunisie. La nouveauté de cette année dans le festival sera une section «guests festivals». Il ne s’agit pas d’inviter des pays, mais des festivals qui travaillent sur le cinéma du Sud en programmant les films qu’ils ont primés.

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