Il n’y a qu’un grand entraîneur qui soit capable de faire autant dans un club aussi tourmenté.

Six victoires sur sept matches (on parle du terrain!), c’est un début de saison plus que faste pour le CA. C’est même des statistiques dignes d’un champion ou d’un club qui joue les premiers rôles. Il faut remonter à 2014/2015 (saison du dernier titre de champion) pour voir autant d’efficacité. Et pourtant, ce CA souffre le martyre avec des sentences lourdes qui tombent l’une après l’autre, et un comité directeur complètement démissionnaire sous l’effet des litiges et des amendes à coups de millions de dinars. Les joueurs du CA et leur entraîneur Lassaâd Dridi opèrent dans des conditions exceptionnelles : énorme pression, flou total, dirigeants absents, salaires payés en retard (et des arriérés aussi qui se comptent en dizaines de milliers de dinars) et un effectif limité en quantité et en qualité sûrement. Pour gagner 6 fois sur 7, il faut vraiment des joueurs solides qui, même quand on leur a ôté 6 points (sanction de la Fifa), n’ont pas lâché prise et ont trouvé les ressources mentales pour tenir bon. Les équipiers de Bassirou ne sont tombés que face à l’USM (après avoir raté un penalty). Pour le reste, ils ont ramené trois points même sur des terrains où ils n’avaient pas une réussite dans le passé. Le mérite des joueurs est certain, et personne ne peut en douter. Wissem Ben Yahia, le vétéran de l’équipe et le joueur-leader, a été à notre avis le joueur clef qui a aidé à maintenir la motivation dans les vestiaires. Il a été aussi, comme Dhaouadi, Chammakhi et Bassirou, déterminant, soit avec des buts, soit avec un rendement exemplaire. Cette fois, les joueurs clubistes, et bien que Khelil et Ayadi (deux joueurs importants) ne soient pas disponibles pour blessures, et malgré un déficit de qualité, ont pu gagner leur pari : le CA est redevable à ces joueurs auxquels on ne peut rien reprocher.

Dridi en capitaine
Plus qu’un entraîneur, Lassaâd Dridi a dû agir depuis sa nomination, en tant que capitaine, un joueur avec les autres joueurs. Entendez aussi capitaine dans une armée en guerre. C’est le chef de file qui à réussi là où d’autres entraîneurs ont eu peur ou échoué.
Le mérite de Dridi est incontestable dans ce début de saison quasi parfait malgré toutes les embûches. Deux qualités à louer chez ce Dridi : d’abord ses connaissances tactiques qui se voient clairement dans la façon dont le CA joue depuis ce début de saison, et ensuite sa capacité à mobiliser ses joueurs même quand cela ne marche pas. Il a pu mettre de l’ordre dans le groupe et auprès de joueurs «gâtés» et habitués à imposer leur loi. L’exemple de Darragi est évocateur. Le joueur qui pèse lourd dans l’effectif «rouge et blanc» a été sommé de quitter après un bras de fer avec Dridi. L’entraîneur clubiste a pris le dessus dans cette affaire : il pouvait trouver une entente pour éviter d’électrifier l’ambiance (déjà tendue). Il ne l’a pas fait! Au contraire, il a trouvé l’alternative tactique en sacrifiant le rôle de régisseur. L’effet Dridi? Sûrement. C’est grâce à sa forte personnalité qu’il a pu transmettre ses idées de jeu et ramener le bateau clubiste, pour le moment, à bon port. Ce n’est pas rien ce qu’il a fait pour ceux qui connaissent ce qu’est un grand club populaire qui se trouve en énorme crise. La saison dernière, l’USM a pu rebondir à la phase retour sous la houlette de Dridi. Cette saison, il s’impose dans ce chaos qu’il y a au CA. Ce n’est pas par hasard tout ça. Il y a des gènes d’un grand entraîneur chez Lassaâd Dridi!

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