Le Tribunal administratif vient d’introduire une nouvelle donne dans le paysage politique national: en confirmant les résultats préliminaires des législatives et en décidant de se prononcer demain, mercredi 6 novembre, sur les recours en suspens, il offre au président de la République l’opportunité de faire gagner à Ennahdha une semaine dans le processus de formation du prochain gouvernement


Ceux qui appellent quasi quotidiennement Ennahdha à accélérer la formation du prochain gouvernement comme si le parti de Montplaisir avec 52 sièges au Parlement disposait des moyens et des conditions lui permettant de mettre en œuvre, à sa guise, la future équipe ministérielle peuvent invoquer un nouvel élément qui leur donne raison en exigeant de Rached Ghannouchi qu’il constitue le prochain gouvernement dans les plus brefs délais.
Il s’agit de la décision rendue, hier, par le Tribunal administratif relative à la confirmation des résultats préliminaires des législatives en Allemagne et à Kasserine, du retour du siège de Ben Arous au parti Errahma et du rejet de tous les autres recours.
Une autre donnée d’une importance particulière: le Tribunal administratif envisage de rendre ses décisions demain, 6 novembre, concernant les 11 jugements restants qu’il a encore à examiner.
Mais où réside l’importance ou le caractère particulier des avis rendus, hier, par le Tribunal administratif et quel impact ces avis pourraient-ils avoir sur le processus de formation du prochain gouvernement dont les négociations n’ont pas encore revêtu de caractère officiel dans la mesure où on attend toujours que l’Isie annonce officiellement les résultats définitifs des élections législatives du 6 octobre dernier et que le président de la République charge aussi officiellement le représentant d’Ennahdha (pas encore choisi par le parti) pour conduire les pourparlers en vue de la constitution du gouvernement même si Rached Ghannouchi, Ali Laârayedh et Samir Dilou mènent depuis quelques jours des consultations préliminaires avec les partis qui pourraient s’allier avec Ennahdha en prévision de la constitution du prochain gouvernement.
L’impact, soulignent plusieurs observateurs, est évident : il s’agit pour Ennahdha de l’opportunité à lui offerte de gagner une semaine dans les délais constitutionnels programmés en vue de la formation du gouvernement.
«Au cas où, ajoutent-ils, le Tribunal administratif parachèverait, demain, l’examen de tous les recours qui lui ont été soumis, l’Isie pourrait annoncer le jeudi 7 ou le vendredi 8 novembre les résultats définitifs des législatives et donc le chef de l’Etat pourrait désigner le jour même le représentant nahdhaoui chargé de constituer le gouvernement». Ce qui pourrait faire gagner une semaine aux négociateurs qui n’arrivent pas jusqu’ici à convenir de l’appellation qualifiant le prochain gouvernement : gouvernement d’union nationale présidé par une personnalité indépendante, gouvernement de compétences, gouvernement de réalisation ou gouvernement du Président comme l’exige le mouvement Echaâb.
L’annonce du maintien des résultats en Allemagne et à Kasserine et la restitution du siège au parti Errahma dans l’attente, de maintenir, peut-être, demain, les autres résultats concernant les recours restants interviennent au moment où Ennahdha ou plus précisément sa délégation de négociation de négociateurs dirigée par Rached Ghannouchi (le Conseil de la choura n’a pas encore choisi officiellement la personnalité nahdhaouie qui devrait conduire les négociations) entament un nouveau round de négociation qui pourrait, cette fois, dépasser le contenu du «Document de formation du gouvernement» pour toucher les personnalités qui figureront dans la prochaine équipe ministérielle.
Reste à se demander: comment les partis concernés par l’affaire du futur gouvernement vont-ils réagir à la nouvelle donne que leur offre le Tribunal administratif

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