Son court métrage documentaire de 9 minutes « All come from dust » qui a conquis le jury des JCC est une exploration poétique d’une éloquence sobre, épurée et organique. Il a été filmé et produit avec peu de moyens à  Dguech, à Tozeur, où le réalisateur a posé sa caméra.


Il vient de recevoir le Tanit d’Or lors de la récente édition des Journées cinématographiques de Carthage pour son premier court métrage documentaire «All come from dust» (d’Argile).

Il s’appelle Younes Ben Slimane, il est une véritable promesse!

Younes est architecte de formation. C’est à travers la photographie, essentiellement, qu’il s’est fait remarquer.

Déjà enfant, il avait tout le temps un appareil photographique en main, il aimait observer à travers l’objectif ce qui l’entourait, sans encore prendre de photos.

Il se passionne surtout pour l’argentique, le passage à la chambre noire et le processus de développement de la pellicule où il a eu la chance d’y plonger étant enfant. Une manière pour lui d’assister et d’agir à un passage dans le temps, à une inscription, un devenir images.

L’architecture est venue en second lieu, un vaste terrain qu’il a eu envie d’explorer en s’inscrivant à l’école d’architecture de Sidi Bou Saïd. Il s’intéresse aux arts visuels et enrichit son expérience en prenant part à différentes rencontres et autres résidences en Tunisie à Dar Eyquem, ou dans le cadre du Remake The City Summit en Egypte.

Son approche artistique, il la qualifie d’existentielle, pour cela il n’hésite pas à faire se rencontrer différents médiums en s’inspirant toujours des vies et autres paysages qu’il côtoie.

Il a déjà exposé ses photographies à Londres en Angleterre dans le cadre d’une exposition collective.

En Tunisie, ses clichés ont été montrés, entre autres, à Sfax capitale de la Culture, aux Journées Cinématographiques de Sbeïtla mais aussi dans le cadre de l’événement d’art contemporain Jaou Tunis.

En 2019, il a fait partie des expositions collectives comme « Climbig through the tide» à B7L9, «El kasma» lors de «Gabes cinema Fen», et « Homogeneus » à l’Institut Français de Tunis et à la galerie «Lala land» à Paris.

Son court métrage documentaire de 9 minutes «All come from dust» qui a conquis le jury des JCC est une exploration poétique d’une éloquence sobre, épurée et organique.

Il a été filmé et produit avec peu de moyens à Dguech, à Tozeur, où le réalisateur a posé sa caméra pour poétiser le savoir-faire de l’homme et sa manipulation de la nature. Point de paroles dans son film ni autres commentaires hormis une musique répétitive qui rythme les gestes de l’homme.

La caméra se serre pour filmer des bouts de chair arides, des mains et des pieds asséchés et sillonnés ou encore la matière manipulée et prend plus de recul pour figurer le rapport à l’espace et aux éléments; la terre, le feu, l’eau… Une manière d’évoquer l’essence du monde, de l’organique…

Avant les JCC, «All come from dust» a été sélectionné au fameux Festival du film de Locarno en Suisse et promet de conquérir d’autres lieux. Il passera bientôt au Festival du court métrage méditerranéen « Passaggi d’Autore: intrecci mediterranei » (Passages d’auteur: entrelacements méditerranéens) et à Pravo Ljudski Film Festival.

Bravo et bonne continuation !

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