Dans un article pleine page paru jeudi 7 novembre sur les colonnes du quotidien Al Maghreb, Mustapha Ben Jaâfar, qui fut président de l’Assemblée nationale constituante et chef du parti Ettakatol, fait un bilan optimiste de la situation politique actuelle, la considérant comme une opportunité historique irremplaçable donnant l’occasion de remettre sur les rails le train du changement.
Analysant la crise actuelle et le blocage des négociations en vue de la formation du gouvernement comme étant la conséquence de l’anarchie ayant prévalu à la fin du mandat écoulé, Ben Jaâfar en appelle à tous les partis pour qu’ils tournent le dos à la haine, aux divisions et à l’exclusion, et se plient aux exigences du sauvetage national, d’autant que les groupes parlementaires de la nouvelle Assemblée sont tous de faible dimension et qu’aucun d’entre eux n’a la capacité de dominer la scène à lui seul.
Ben Jaâfar se dit déconcerté par les surenchères et les marchandages actuels, alors que les institutions de la République démocratique attendent d’être finalisées et que la transition démocratique n’a pas été menée à son terme, puisque même la réconciliation nationale n’a pas été réellement accomplie.
Il appelle les acteurs politiques de tous bords à délaisser définitivement les qualificatifs qui divisent et ramènent en arrière, comme «ezlem» ou «khwenjia», et à se pencher sur un programme de redressement économique et social commun qui donne au développement et à la discrimination positive en faveur des régions et des catégories délaissées toutes les chances utiles.
« Mon sentiment, dit Ben Jaâfar, est que la brise de la confiance se remet à souffler peu à peu, spécialement dans les rangs des jeunes. Ne fermez pas les fenêtres pour que l’on respire à pleins poumons cet air frais. Car la confiance est un acquis rare et cher. C’est un élément essentiel et indispensable pour quiconque porte un projet national pouvant dégager le pays de sa crise étouffante, pour construire la nouvelle Tunisie, celle de l’avenir.»
Mustapha Ben Jaâfar conclut son article en ces termes : « Effectivement, «le peuple veut» ! Qu’on l’écoute tous, et que l’on porte haut les espoirs de la jeunesse au profit de la Tunisie ! ».
Le retour inattendu de ce leader social-démocrate membre de l’Internationale socialiste et ancien allié d’Ennahdha du temps de la Troïka, a été d’abord mis sur le compte de son attachement patriotique, en tant qu’indépendant, au devenir du pays, en ces moments de crise et de blocage, ainsi que de résurgence des luttes idéologiques et des menaces et violences takfiristes.
Mais il semblerait, en définitive, qu’il est plutôt question d’un véritable come-back qui reste à confirmer. En tout cas, comme le rapporte d’ailleurs Business News, des sources proches d’Ennahdha indiquent que le parti s’apprête à proposer Mustapha Ben Jaâfar comme futur chef de gouvernement. Ce qui ne veut pas dire que Ben Jaâfar soit au courant ou qu’il ait déjà accepté l’idée. N’oublions pas que le parti de Rached Ghannouchi lui a déjà proposé d’être son «oiseau rare» pour la présidentielle, mais que les conditions qu’avait posées Si Mustapha n’ont pas été acceptées.

Charger plus d'articles
Charger plus par M’hamed JAIBI
Charger plus dans à la une

Laisser un commentaire