Maintenant, c’est officiel : les membres du Conseil de la choura d’Ennahdha ont décidé que Rached Ghannouchi, président du parti, soumettra, mercredi 13 novembre, sa candidature à la présidence du Parlement. Quant au chef du gouvernement, Ennahdha campe sur sa position : il sera issu de ses rangs


On attendait que la session exceptionnelle du Conseil de la choura d’Ennahdha, dont les travaux ont été clôturés hier, apporte la réponse à la question que tout le monde attendait depuis le démarrage des concertations en vue de la formation et de la présidence du prochain gouvernement.
La réponse tant attendue consistait en l’acceptation par Ennahdha de renoncer à ce que le futur gouvernement soit constitué et présidé par une personnalité nahdhaouie, condition que la majorité des potentiels alliés du parti de Montplaisir posait comme incontournable pour participer au gouvernement post-législatives du 6 octobre dernier.
Finalement, au bout d’une journée de débats, le Conseil de la choura a annoncé que le choix s’est porté sur Rached Ghannouchi, qui sera candidat, mercredi prochain, à la présidence du Parlement, à l’occasion de la tenue de la séance plénière de l’ARP au cours de laquelle les nouveaux députés prendront officiellement leurs fonctions de représentants du peuple tunisien durant le mandat législatif 2019-2024 et procéderont aussi à l’élection du président, du premier et du deuxième vice-présidents de l’Assemblée des représentants du peuple.
Et les membres du Conseil de la choura d’Ennahdha de décider également que le nouveau chef du gouvernement sera issu de leur parti.
Donc, s’il y a un premier enseignement à tirer de la 33e session du Conseil de la choura, c’est que les nahdhaouis n’ont pas cédé aux exigences de leurs potentiels alliés les pressant d’accepter que le futur chef du gouvernement ne soit pas nahdhaoui mais choisi parmi les personnalités indépendantes dont regorge le pays.
En d’autres termes plus clairs, Ennahdha a pris la décision de camper sur ses positions initiales annoncées bien avant les législatives et la proclamation des résultats, à savoir accéder à la présidence de l’ARP (en la personne de son président Rached Ghannouchi, pressenti tout au long des négociations préliminaires de formation du gouvernement pour le présider) et d’assurer la présidence du futur gouvernement à travers une personnalité nahdhaouie que le parti aura à choisir, loin de toute intervention, aval ou pression de quiconque parmi ses futurs alliés.
Quant aux pressions, Ennahdha reconnaît par la voix de Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura, en avoir subi «pour proposer des noms proches d’Ennahdha à la présidence du gouvernement». «Sauf, ajoute-t-il, que le parti ne se privera pas de désigner le chef du gouvernement parmi ses responsables».
Pour conclure, Harouni lance : «Les négociations reprendront après la première session du Parlement», c’est-à-dire une fois Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, intronisé au poste de président de l’ARP.
Il reste, cependant, une inconnue sur laquelle Harouni ne s’est pas prononcé : et si Rached Ghannouchi ne réussissait pas, mercredi prochain, à accéder à la présidence du Parlement au cas où les partis alliés d’Ennahdha camperaient eux aussi sur leurs positions initiales (non à un chef de gouvernement nahdhaoui) et donneraient l’ordre à leurs députés de voter contre la candidature du président nahdhaoui à la présidence du Parlement ?
On attend maintenant les réactions du Courant démocratique, du mouvement Echaâb, de Tahya Tounès et de la coalition El Karama dont les leaders ont introduit une nouvelle donne relative à leur nécessaire aval de la personnalité qui aura à former le prochain gouvernement même s’il sera finalement convenu qu’il proviendra d’Ennahdha, sans oublier que Seïfeddine Makhlouf et ses amis ont déjà fait entendre qu’ils auront leur mot à dire quant aux concessions qu’Ennahdha accordera à ses potentiels partenaires.

Charger plus d'articles
Charger plus par Abdelkrim DERMECH
Charger plus dans Actualités

Laisser un commentaire