Un homme d’affaires tunisien orginaire de Gafsa et vivant en Italie a des rêves plein la tête pour sa contrée d’origine où il veut investir pour dynamiser le tissu économique et trouver une solution au chômage des jeunes dans cette région. C’est sans compter les lourdeurs administratives qui sont une sérieuse entrave aux investissements dans l’ancienne Capsa.


Adel Karoui, homme d’affaires tunisien résidant à Torino

Il fait partie de cette diaspora tunisienne installée dans les quatre coins du monde et qui ont gardé ce lien ombilical fort qui les lie à leur terre natale comme un naufragé à sa bouée de sauvetage. Lui, c’est Adel Karoui, un businessman tunisien attaché à sa Gafsa natale, malgré les années de résidence à Torino, la ville de la Vecchia Signora.
Il n’a cessé d’œuvrer pour séduire les Italiens et les persuader de venir booster la marche du développement dans l’ancienne Capsa.
A la tête d’une association italienne formée d’hommes d’affaires (Al Bidaya), ses efforts et initiative déployés pour imprégner le tissu économique de Gafsa se mesurent au nombre d’années passées dans le pays de la pizza.
Déjà, en 2005, il a convié un groupe d’investisseurs italiens à Gafsa pour une semaine afin de découvrir la ville et les opportunités d’investissement qu’elle offre. En 2014, il organise dans sa ville de résidence une foire d’exposition afin de faire valoir les opportunités pour le développement des PME en Tunisie.

Lourdeur administrative…
Mais n’en déplaise à certains et à cause d’une certaine nonchalance et d’une lourde bureaucratie, la ville de ses origines risque de perdre une manne tombée du ciel qui aurait pu lui ouvrir grandes les portes d’une nouvelle ère pour lancer une coopération fructueuse avec les Transalpins. Il s’agit d’un mégaprojet qui consiste à édifier une usine de montage d’avions légers (4 à 16 places) mais qui risque de partir en fumée alors que ses alter ego italiens ont manifesté un désir de le voir prendre forme.
Mais au vu des obstacles sur lesquels butent l’aménagement et la réalisation du pôle technologique de Gafsa, le facteur temps risque d’être un adversaire difficile à battre.
Avec amertume et des questions qui cherchent réponse, notre invité revient sur le parcours du combattant sur un chemin semé d’embûches «le projet a germé suite à la visite effectuée par un groupe d’investisseurs italiens en mai 2018 qui a coïncidé avec l’entrée en phase d’exploitation de l’aéroport international de Gafsa-Ksar. L’infrastructure aéronavale les a séduits et c’est parti pour entamer les procédures d’usage. L’emplacement prévu du technopôle aidant, il ne reste que la célérité pour peaufiner les contrats et passer aux choses sérieuses. Nous pensions aussi mettre en place une unité de fabrication des pièces de rechange en fibre de carbone pour l’aéronautique. Nous avions présenté le projet avec toutes ses composantes en septembre 2018».

Un mégaprojet qui peut créer de nombreux postes d’emploi
Avec un coût global variant entre 50 et 100 millions dinars et la promesse de créer un nombre élevé de postes d’emploi générés pouvant même enlever une épine du pied des autorités régionales qui n’ont trouvé guère d’issue de secours à ce brûlant dossier qu’est le chômage dans ces contrées, et même après avoir saisi la commission supérieure d’investissement, les choses demeurent à l’état d’inertie. Notre interlocuteur ajoute : «Lors de la dernière visite en septembre 2018 de la délégation italienne, nous avions supervisé les lieux avec des recommandations d’aménager la parcelle de terrain après avoir déposé une demande officielle aux autorités régionales. Il y a aussi des investisseurs tunisiens (de Gafsa et du sud) qui ont manifesté le désir de se joindre à nous».

En stand-by
Mais au grand dam de ce groupe d’Italiens, rien de cela ne fut et aucune réponse ne leur est parvenue. La question demeure posée, en attente de réponse.
Adel Karoui, que nous avions interviewé lors d’un bref passage en Tunisie, ne perd pas espoir de voir la requête des Transalpins trouver un écho favorable de la part des autorités compétentes à Gafsa, même si le facteur temps risque de voir les membres de l’association Al Bidaya mettre le cap ailleurs.
Il enchaîne avec son rêve de continuer à séduire les Italiens qui ne sont pas restés insensibles à la beauté du relief de la région qui permet de nombreuses opportunités. Après les journées d’exploration organisées pour faire connaître et reconnaître les sites archéologiques et les monuments historiques est né ce projet de conférer à la région un tourisme de séjour. « Gafsa offre un cadre idoine pour la promotion du tourisme. On y trouve un circuit touristique qui fait rêver les alpinistes. C’est aussi un circuit à ciel ouvert qui permet un tourisme mécanique (motocross, mountain bike), tous les rêves sont permis à condition de…».
Notre invité est bousculé par l’horaire de son avion pour le retour, avec cette foi inébranlable de continuer à croire en ses projets de rêve, mais aussi en cette confiance de voir les autorités à Gafsa s’activer pour reconquérir la confiance des Italiens et booster un tissu économique en mal de diversification d’acteurs ; si l’on excepte la CPG qui commence à battre de l’aile.

Hafedh TRABELSI

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