Une journée d’études sur le thème «Municipalité de Tunis, ville des jardins» s’est déroulée à La Kasbah suite à la signature d’une convention avec l’association verte «Les amis du Belvédère».
Une initiative prometteuse qui attend d’être concrétisée.


La municipalité de Tunis vient d’organiser une journée d’études placée sous le signe «Municipalité de la ville des jardins» qui s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie de gestion des parcs et des espaces verts. Le discours d’ouverture de M. Mokhtar Hammami, ministre des Affaires locales et de l’Environnement, et des membres de la société civile a mis l’accent sur l’intérêt de la municipalité pour les parcs et les espaces verts.
Ces espaces, considérés comme des points de repère, reflètent le sens de l’environnement et la prise de conscience de l’importance de l’arbre dans l’environnement urbain.
Ces espaces sont importants pour le divertissement et la randonnée. Ainsi, en marge de la journée d’études, la municipalité de Tunis a signé un accord de partenariat avec l’association «Les amis du Belvédère».
Par la suite, les débats soulevés au sein des deux ateliers organisés à l’occasion de cette journée d’études ont porté sur les mécanismes de développement et de réhabilitation des zones vertes et des zones de culture et sur les moyens de les gérer.

Signature d’une convention bilatérale
Mme Hend Abbess, présidente de la commission des espaces verts du conseil municipal de la municipalité de Tunis, a tenu une déclaration suite à la signature d’une convention bilatérale soulignant que «L’élaboration d’un plan vert va permettre de fluidifier les entrées urbaines, de créer de nouveaux espaces verts en milieu urbain. Ce plan vert doit impliquer plusieurs ministères comme les ministères de l’Agriculture, de l’Equipement et celui de l’Environnement». Elle a évoqué le partenariat avec l’association des Amis du Belvédère qui va permettre de concrétiser de nombreux projets à caractère vert. La convention de partenariat qui a été signée par Mme Souad Abderrahim, présidente de la municipalité de Tunis, et M. Boubaker Houmane, Vice-président de l’Association des Amis du Belvédère, ouvre une nouvelle page dans les relations mutuelles de travail et de coopération entre les deux institutions.
Il est vrai que les constructions anarchiques ont dégradé l’image de certains faubourgs de la ville. Boubaker Houmane ne cache pas sa satisfaction quant au projet de verdure de la capitale. «Nous allons tout faire pour que nos remarques et nos observations soient prises en compte. L’association des Amis du Belvédère est connue pour ses actions pour l’éducation environnementale, l’animation et la protection des espaces verts. C’est la main dans la main que nous allons collaborer avec la municipalité de Tunis».

Plan d’Adaptation au changement climatique
Boubaker Houmane a focalisé l’attention de l’assistance sur la nécessité d’élaborer un plan d’adaptation au changement climatique (Pacc) préalablement à la mise en application du «plan vert», à l’instar de ce qui se fait hors de nos contrées. «La municipalité nous a invités pour discuter d’une initiative intéressante qui a trait à l’élaboration d’un plan vert pour la ville de Tunis. Un plan vert est utile mais il doit s’insérer dans le cadre d’un plan d’adaptation au changement climatique. Les plus grandes villes et métropoles du monde ont toutes un Pacc. Ces plans prennent en considération tous les paramètres de mobilité urbaine avec ses composantes de transport et d’habitat. Pour pouvoir élaborer un Pacc, il faut une vision partagée entre les autorités locales, la société civile et les compétences que ce soit les paysagistes, les architectes, les urbanistes…».

Redessiner la carte verte de la ville
Les professionnels se positionnent entre attentes et réalités de voir se concrétiser enfin les projets verts de la ville sous peine qu’ils passent sous la coupe des privés qui supprimeraient le caractère public des espaces de communauté citoyenne. Le plan d’aménagement urbain qui trône devant l’entrée de la salle des conférences, les documents élaborés et ratifiés autour du projet de plan vert reflètent la volonté de redessiner la carte verte de la ville de Tunis.

Manque d’entretien des espaces verts
Mais pour les professionnels en urbanisme mobilisés sur place et les membres de la société civile qui ont des attentes encore plus grandes, la réalité du paysage actuel reste à considérer. Un architecte a apporté un regard critique sur le problème d’entretien des espaces verts dans le Grand-Tunis. «Il y a un problème de suivi et d’entretien. On a besoin d’une nouvelle conception de toute la ville de Tunis».
Boubaker Houmane, qui a affirmé que c’est le travail de l’homme qui lui a «appris à aimer l’arbre», a évoqué pareillement la nécessité d’une gestion différentielle des espaces verts qui doit tenir compte des spécificités de chaque zone et périmètre urbains. Une journée d’études qui a nourri des espoirs naissants grâce aux actions d’envergure promises. Celles qui permettront de voir la ville de Tunis retrouver ses plus belles nuances et couleurs.

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