S’agissant des concurrents de Ghannouchi à la présidence de l’ARP, on peut d’ores et déjà annoncer Ghazi Chaouachi au nom d’Attayar et Ridha Charfeddine, ancien nidaïste, au nom d’Au cœur de la Tunisie. Pourrait également se porter candidate Abir Moussi. De même que d’autres candidats pourraient se décider. Mais il est désormais acquis, de la bouche de Leila Haddad, députée du mouvement Echaâb, que son parti ne votera pas pour Rached Ghannouchi.


C’est aujourd’hui que démarre la seconde législature de la IIe République. Et les 217 nouveaux députés élus à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) seront donc accueillis par les soins du président par intérim de l’Assemblée, Me Abdelfattah Mourou, lors d’une séance inaugurale solennelle qui le verra prononcer un discours de bienvenue.
Cette première partie de la cérémonie sera suivie par la mise en place de la présidence de la séance qui devrait revenir à Rached Ghannouchi en tant que député le plus âgé. Seront également désignés ses deux adjoints : la plus jeune et le plus jeune députés.
Après une brève suspension, la séance reprendra sous la présidence du président de séance et ses adjoints. Elle sera consacrée à la lecture de la liste définitive des nouveaux membres du parlement sur la base des résultats définitifs des élections législatives annoncés par l’Isie.
Selon le communiqué rendu public par l’ARP, « le président de la séance et ses adjoints prêteront, alors, le serment constitutionnel, suivis du reste des membres de l’ARP ».
Mais déjà, le débat s’annonce chaud, puisque Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, qui sera présente à l’hémicycle en tant que député, a contesté, dans une lettre adressée à Abdelfattah Mourou, le principe de la prestation de serment collective au nom de l’ensemble des élus comme cela avait eu lieu en 2014. La députée invoque à l’appui de sa contestation les dispositions de l’article 58 de la Constitution qui prévoient des prestations individuelles de la part de chacun des 217 députés.
Autre grief enregistré prématurément par rapport au démarrage de la nouvelle Assemblée, la campagne lancée par l’association «Aswat Nissa» sous le mot d’ordre : «Un harceleur ne légifère pas !», qui appelle les internautes à protester devant le siège de l’Assemblée, ce matin du 13 novembre, contre la prise de fonction du nouveau député, Au cœur de la Tunisie, Zouhaïr Makhlouf, qui avait été appréhendé par la justice mais laissé en liberté provisoire.
Un élément nouveau entre en ligne de compte pour cette session, c’est l’obligation annoncée par Abdelfattah Mourou de voir chacun des députés présenter d’entrée la décharge officielle prouvant qu’il a procédé à la déclaration de ses biens et intérêts à l’Inlucc. Un détail qui pourrait perturber la solennité de la cérémonie au cas où certains députés n’auraient pas effectué cette nouvelle formalité légale.
Après la prestation de serment, place à l’élection du président de l’Assemblée. Et à cette fin, il sera procédé d’abord à l’élection des membres de la commission électorale chargée du décompte des voix et du contrôle de l’opération du vote. Elle se composera de 7 membres désignés selon la représentation proportionnelle.
L’ordre du jour de la séance inaugurale comporte, en fait, l’élection à deux tours de scrutin du président de l’ARP puis des premier et deuxième vice-présidents, à une majorité de 109 voix. Mais, dans l’éventualité où Rached Ghannouchi serait effectivement candidat à la présidence de l’Assemblée,  certains juristes émettent des réserves quant à la régularité d’une séance élective que présiderait l’un des candidats.
L’enjeu de cette plénière inaugurale de la deuxième législature est majeur, dans la mesure où ses résultats vont déterminer la suite des événements et conditionner l’ensemble du mandat électoral. Le blocage des négociations en vue de la formation du gouvernement par les soins du parti arrivé premier aux législatives, du fait des exigences excessives de ses alliés potentiels, fait peser sur la candidature de Ghannouchi au «perchoir» un grand point d’interrogation.
Les observateurs et certaines indiscrétions parient sur une opération de troc de dernière minute qui accorderait les voix d’Attayar et du mouvement Echaâb à Rached Ghannouchi en échange de concessions de la part d’Ennahdha sur la présidence du gouvernement et sa composition.
Rappelons qu’Attayar n’a cessé d’exiger que le chef du gouvernement soit un indépendant et que les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Fonction publique lui reviennent. Alors que le mouvement Echaâb va plus loin, refusant toute équipe gouvernementale composée par Ennahdha au profit d’un «gouvernement du président».
S’agissant des concurrents de Ghannouchi à la présidence de l’ARP, on peut d’ores et déjà annoncer Ghazi Chaouachi au nom d’Attayar et Ridha Charfeddine, ancien nidaïste, au nom de Au cœur de la Tunisie. Pourrait également se porter candidate Abir Moussi. De même que d’autres candidats pourraient se décider. Mais il est désormais acquis, de la bouche de Leila Haddad, députée du mouvement Echaâb, que son parti ne votera pas pour Rached Ghannouchi.

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