Des plaignants font état d’actes de tricherie perpétrés par certains chauffeurs de taxi incontrôlés et, ne l’espérons pas, incontrôlables !

Il suffit toujours d’une étincelle pour qu’un feu s’emballe. Et cette étincelle a été déclenchée récemment par des citoyens ayant fait état d’abus constatés lors de leur recours au «taxi online».
«L’autre jour, tempête une dame, j’ai réservé ma course sur la Toile, dans l’espoir de gagner du temps. Mais quelle ne fut ma stupeur, lorsque le chauffeur de taxi emprunta, sans crier gare, sans même m’aviser, un autre itinéraire, prétextant en guise de réponse, que la circulation routière était dense et pratiquement impossible sur l’autre voie. Au bout du compte, j’ai dû, sur son insistance, payer le double de la facture».

R.A., un autre client, a également été victime de la mauvaise foi d’un chauffeur de taxi qu’il a appelé à partir de l’application « taxi online », en expliquant que ce dernier avoua tout bonnement s’être trompé d’adresse, avant d’exiger, l’air grave, de se faire payer les kilomètres non inclus dans la course.

Est-ce fini? Peut-on parler d’actes isolés? Apparemment non, puisque nous avons eu le regret de constater que les mêmes faits ont été observés par d’autres clients floués, sur fond de graves soupçons de tricherie pesant sur la bonne foi de certains taximen adeptes de cette nouvelle formule technologique.

Et pourtant, dans un précédent article annonçant l’avènement du «taxi online», nous avons mis l’accent sur la nécessité d’imposer un strict suivi de cette expérience étrangère à nos traditions en matière de transport individuel, l’objectif de notre message étant de se prémunir contre tout abus, et, par là, garder intacte l’image des sociétés gérantes, tout en protégeant les droits des usagers. Car, à notre humble avis, engager un taxiste selon un contrat dûment signé entre les deux parties ne doit pas s’apparenter à un chèque en blanc pour la nouvelle recrue qui doit normalement se conformer à des obligations morales scrupuleuses, dont justement l’honnêteté et le respect du client.

Contamination ?

Cela revient à dire que la balle est désormais dans le camp des investisseurs dans ce créneau. C’est de leur rigueur, de leur suivi et de leur vigilance que dépend la réussite de leur entreprise. Et cela, par exemple, en instaurant un barème de sanctions à appliquer sans merci à l’encontre de tout fautif, afin de dissuader les aventuriers du volant. Sans quoi, il serait impossible de fermer la porte aux abus, surtout que, par les temps qui courent, ce nouveau-né des transports publics est encore à ses débuts et donc facilement contaminable par le virus des multiples pratiques déloyales qui rongent le secteur des taxis individuels en Tunisie.

Mohsen ZRIBI

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