La Bfpme s’est bien préparée à cette fusion-absorption vers une banque des régions.


Les jeunes diplômés du supérieur et qui veulent lancer leur propre projet sont toujours confrontés au problème du financement. Parfois, ils n’arrivent même pas à fournir un autofinancement aux banques pour pouvoir contracter un crédit. Le problème devient plus grave pour les jeunes habitant les régions intérieures. Certes, les candidats aux crédits bancaires peuvent contacter les agences bancaires qui se trouvent dans presque toutes les régions mais les dossiers sont, en général, traités au niveau central, c’est-à-dire au siège social de la banque qui se trouve à Tunis, ce qui prend beaucoup de temps surtout si le dossier doit être refait ou qui manque de documents.
D’où l’importance de la mise en place d’une banque des régions qui sera consacrée à s’occuper des dossiers provenant des candidats résidant dans les régions intérieures. Une telle institution est en mesure de dynamiser les activités socioéconomiques dans les régions pour la création de projets rentables et innovants et renforcer ainsi le tissu industriel et de services dans les régions qui ont souffert, des années durant, du déséquilibre régional.

«Autonomie juridique»
«La banque des régions aura son autonomie juridique, son propre directeur général, un président du conseil d’administration, un comité de risques et un comité de crédits. Nous avons aussi pensé à mettre en place deux autres comités, à savoir un comité régional et un comité sectoriel pour être en phase avec la stratégie du pays en matière de développement régional», a indiqué Lébid Zaâfrane, PDG de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises.
Encourager la création des projets régionaux ne veut pas dire accepter n’importe quel projet. En effet, tous les dossiers parvenus seront traités d’une façon minutieuse afin d’éviter les erreurs et de diminuer autant que faire se peut les risques encourus lors de la mise en œuvre du projet. Les projets visant des secteurs «saturés» ne seront évidemment pas acceptés pour éviter l’échec de l’investissement, quelques mois après le lancement du projet. D’où l’importance du rôle à jouer par le comité de risques qui sera installé au sein de ladite banque.
«Le projet de la banque des régions est actuellement au stade de la constitution juridique, laquelle sera finalisée dans les quelques jours à venir. Nous avons aussi entamé les travaux de son implémentation proprement dite, c’est-à-dire de la mise en place de son système d’information, qui sera totalement digitalisé. C’est une première en Tunisie», a ajouté Lébid Zaâfrane, PDG de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (Bfpme).

La digitalisation à tous les niveaux
La digitalisation est devenue, de nos jours, une nécessité et doit concerner tout le réseau de la banque. C’est que la numérisation des différentes opérations bancaires permet de réduire le temps des procédures et d’éviter les tentatives de corruption. D’ailleurs, à l’instar des autres banques, la banque des régions sera équipée d’outils performants et d’une technologie de pointe digitale qui permet d’effectuer les différentes opérations dans un délai raisonnable avec une marge d’erreur réduite.
A noter que le projet a connu un petit retard technique dû au temps pris par le partenaire allemand impliqué dans le projet. En effet, la Banque allemande de développement (KFW) a consacré un temps suffisant pour le choix du cabinet qui assurera l’implémentation de la banque en question. Mieux vaut tard que jamais. L’essentiel est que cette institution soit installée sur des bases solides pour mener des actions et des services de qualité dès le premier jour de sa mise en fonction.
Maintenant que le cabinet en charge de cette opération est identifié, l’entrée en activité de cette banque dépendra du rythme de son implémentation, mais elle aura certainement lieu au cours de l’année 2020. Après la phase de constitution de la banque, il y aura une phase d’évaluation de trois mois, des fonds propres de la Bfpme et de ceux de la Société tunisienne de garantie (Sotugar) qu’elle va absorber.
La Bfpme s’est bien préparée à cette fusion-absorption vers une banque des régions en termes de formation de l’ensemble de son effectif. Mais on ne compte pas dupliquer le modèle du Bfpme, car il est question de s’orienter vers un business modèle totalement différent, très ambitieux. La portée d’intervention de la banque des régions sera plus importante, d’abord parce qu’en termes de moyens et de taille, elle sera beaucoup plus grande que la Bfpme. Ensuite, parce que le partenaire allemand (KFW) s’est bien engagé à lui accorder des lignes de financement à des coûts très convenables qui vont lui permettre d’octroyer des crédits aux PME à des taux compétitifs par rapport aux taux existants.
A la faveur de la banque des régions, un vide sera comblé en matière de financement régional des promoteurs. L’objectif est de répondre aux nombreuses demandes des candidats à la création de projets en matière de financement. Malgré les encouragements et les incitations de la loi sur les investissements pour la création des projets dans les zones de développement régional, la situation est restée peu reluisante. Avec ce nouvel instrument, on espère un changement radical des activités économiques dans ces zones délaissées.

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