Les Tunisiens ne comprennent pas que la démocratie qu’on leur avait vantée, comme l’expression de leur souveraineté, prenne autant de liberté et aille a contrario de leur volonté exprimée par les urnes. En tout cas, ils considèrent que le dédain et la «hogra» montrés par les partis politiques sont l’expression d’une véritable arnaque. A moins que les protagonistes en cause, Au Cœur de la Tunisie et Ennahdha, ne s’adressent à eux solennellement pour expliquer et justifier.

Notre opinion publique n’en peut plus de consommer les mensonges, les cachotteries et les fausses promesses qui se répètent depuis 2011. Après l’alliance Nida-Ennahdha de 2015 ayant succédé au vote utile de 2014, voici que Au Cœur de la Tunisie fait à Ennahdha le cadeau inespéré de hisser son leader doctrinaire à la présidence de l’Assemblée des représentants du peuple, où il annonce déjà la fermeture de la porte à une réconciliation des forces modernistes.

De plus, le choix porté sur un sympathisant nahdhaoui pour former le gouvernement tourne le dos à la distribution effective des élus des partis au sein de l’Assemblée et aux promesses faites de mettre sur pied un programme politique et un gouvernement de sauvetage national associant des compétences politiques et économiques de tout bord.

L’échec d’Ennahdha dans la formation d’une majorité parlementaire et gouvernementale avec ses «alliés naturels» affublés du qualificatif «révolutionnaires» avait relancé, dans l’esprit de l’opinion publique non islamiste, l’espoir de voir le pays s’atteler à combattre sérieusement la crise économique et sociale qui a trop duré, en tournant le dos aux luttes de positionnement politiciennes et idéologiques. Surtout qu’Ennahdha n’a ramassé aux législatives que 7% de l’ensemble de la population tunisienne et seulement 52 députés sur les 217 de l’ARP, dont 121 modernistes des divers courants et sensibilités.

La surprise est donc venue de Au Cœur de la Tunisie et de son leader si controversé, Nabil Karoui. Car personne ne s’attendait qu’ils puissent faire la courte échelle à Rached Ghannouchi. Ce que certains vont jusqu’à assimiler à une «trahison».

Maintenant, et alors que le chef de gouvernement désigné tente de former son équipe qu’il promet compétente et ouverte, l’opinion publique vit un grand malaise. Elle se retrouve, une nouvelle fois, incapable de tracer la rationalité de ce qui se passe et craint que le succès ne puisse en être le couronnement.

Les Tunisiens ne comprennent pas que la démocratie qu’on leur avait vantée comme l’expression de leur souveraineté prenne autant de liberté et aille a contrario de leur volonté exprimée par les urnes.

En tout cas, ils considèrent que le dédain et la «hogra» montrés par les partis politiques sont l’expression d’une véritable arnaque. A moins que les protagonistes en cause, Au Cœur de la Tunisie et Ennahdha, ne s’adressent à eux solennellement pour expliquer et justifier.
Afin, peut-être, de rassurer !?

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2 Commentaires

  1. moi

    19/11/2019 à 17:52

    Effectivement cet article montre et démontre que les électeurs qui ont fait un choix politique porté par leur parti, en l’occurrence Qalb Tounes, se sont fait flouer et voler leur vote. La démocratie c’est avant tout respecter le choix de ses électeurs ; c’est la règle de base qui ne souffre aucune discussion. C’est comme si les députés du rassemblement national Français s’étaient alliés au parti socialiste Français. C’est INCONCEVABLE ET INADMISSIBLE. QALB TOUNES EST FINI AVANT D’AVOIR COMMENCE. Ca me fait penser au parti NIDA TOUNES qui s’est effondré comme un château de carte.

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  2. RAOUF

    20/11/2019 à 09:21

    Je m’attendais à une explosion des deux partis, une débandade de leurs militants …..rien de tout cela n’est arrivé, tous ceux qui se ressemblent se rassemblent. …

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