Certaines denrées alimentaires disparaissent, réapparaissent comme par enchantement et disparaissent de nouveau des rayons comme le lait et les pommes de terre. Psychose !

Est-il écrit quelque part qu’on ne vit pas un mois sans pénurie ? La raréfaction de certaines denrées alimentaires est-elle devenue l’épée de Damocles continuellement suspendue au-dessus de la tête du pauvre consommateur? Les questions, les unes aussi inquiétantes que les autres, abondent à propos d’un phénomène qui a décidément la peau dure et, peut- être, de longs et beaux jours devant lui !

Récemment, deux produits caracolent au triste hit-parade: le lait concentré et les pommes de terre. Le premier concerne une marque, incontestablement la plus populaire, qu’on n’a plus revue, ni dans les grandes surfaces, ni dans les épiceries. Et si, par miracle, une petite quantité de ce produit débarque, on se l’arrache immédiatement avant qu’elle ne disparaisse en un temps record, pour une énième éclipse dont personne ne peut prévoir la durée.

Mais ce qui est encore plus bizarre, c’est que l’usine de production de ce lait vedette n’est ni en panne technique ni en phase de baisse de rendement. Et les autres marques de lait commercialisées? Eh bien, visiblement, elles n’ont pas la cote. Parlant de «mal nécessaire», une dame au foyer assure laconiquement : «Si je n’avais pas d’enfants, j’aurais arrêté d’amener du lait à la maison».

Concernant maintenant les pommes de terre, on peut dire que la psychose est autrement plus énigmatique. En effet, il s’est avéré, selon des agriculteurs, que la production locale de cette denrée se poursuit le plus normalement du monde, c’est-à-dire à un rythme soutenu, balayant ainsi d’un revers de main certaines rumeurs faisant état d’une baisse de production consécutive aux inondations des mois de septembre et octobre derniers. De surcroît, on sait que l’Etat en a importé d’importantes quantités de Turquie. Et, paradoxalement, au lieu de s’inonder, le marché s’est asséché !

Défricher l’indéfrichable ?

Lait et pommes de terre vivent donc d’éclipse en éclipse, au grand dam d’un consommateur inconsolable. D’où ces interrogations têtues: pourquoi ces deux produits viennent -ils à manquer fréquemment? Les réseaux clandestins —et ils sont encore hélas légion— y sont-ils pour quelque chose? Est-il vrai que le marché libyen qui en raffole a été privilégié au nôtre par la grâce d’une… mafia toujours prête à tout pour réaliser sa sale besogne? L’Etat a-t-il perdu son bras de fer avec les barons des circuits de distribution ? Ces barons si… invincibles bénéficient-ils de complicité et de couverture par d’autres sphères puissantes? Réussira-t-on, un jour, à défricher l’indéfrichable ? Y a-t-il des spéculations en prévision des fêtes de fin d’année qui pointent déjà? Autant de questions auxquelles des réponses claires et rassurantes tardent à venir. Entretemps, grands buveurs de lait et friands de frites, patientez encore sans perdre l’espoir de voir un. ..miracle tomber du ciel !

Mohsen Zribi

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