« L’achat de vêtements estampillés « Made in Tunisia » ne relève pas uniquement du patriotisme. Il est évident que l’acheteur tunisien soit à la quête d’un produit compétitif qui réponde aux tendances de la mode et présente, en même temps, un meilleur rapport qualité/ prix. Le produit local est, dans ce sens, une alternative, un refuge pour le consommateur tunisien »


La 2e édition du salon « Made in Tunisia Made for Fashion » sera officiellement inaugurée aujourd’hui, au Parc des expositions du Kram à Tunis. Plus de 150 exposants et professionnels tunisiens du textile et habillement seront présents à ce rendez-vous pour exhiber le meilleur de leurs produits. C’est également une occasion pour les férus de la mode de redécouvrir les potentialités du vêtement local.

Le salon qui est organisé par l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation en collaboration avec la Fédération Tunisienne du Textile et d’Habillement (Ftth), a pour objectif de promouvoir la consommation locale du textile. « Cet évènement mettra à la disposition du consommateur tunisien la panoplie des produits locaux de la mode. Nous soulignons que l’achat de vêtements estampillés « Made in Tunisia » ne relève pas uniquement du patriotisme. Nous sommes conscients que l’acheteur tunisien est à la quête d’un produit compétitif qui répond aux tendances de la mode et présente, en même temps, un meilleur rapport qualité prix.

Le produit d’habillement tunisien a été, pour longtemps, stigmatisé. Le produit local est dans ce sens une alternative, un refuge pour le consommateur tunisien. L’initiative « Made in Tunisia Made for Fashion » a été justement conçue dans le but de braquer les projecteurs sur la compétitivité et la qualité du produit textile local. Notre industrie est connue pour sa qualité à l’échelle internationale. Tout comme le consommateur européen, le consommateur tunisien peut, désormais, jouir de la même qualité que celle offerte sur le marché européen », a souligné le président de la Ftth, Hosni Boufaden, dans son mot d’ouverture de la conférence de presse du lancement de la 2e édition du salon qui a été tenue le 25 novembre dernier au siège de l’Utica.

A terme, ce salon contribuera dans la durée à l’ancrage d’une culture de consommation locale. En effet, « Made in Tunisia Made For Fashion » est la concrétisation du 10e point de l’ensemble des 22 mesures arrêtées lors du Conseil ministériel restreint (CMR) tenu le 1er juin 2017, pour la relance de l’industrie du textile et d’habillement qui agonisait depuis 2011. Sachant que 60% des Tunisiens s’habillent chez les fripiers et que sur 5 articles écoulés sur le marché local, un seul est fabriqué en Tunisie, ce salon contribuera, forcément, à la redynamisation de la consommation interne et la réconciliation, dans la durée, du Tunisien avec le Made in Tunisia.

Le 1er pacte sectoriel
Neuf mois se sont écoulés, jour pour jour, depuis la signature du premier pacte sectoriel de partenariat public privé. L’industrie textile et habillement est le premier secteur auquel est appliqué un tel accord qui engage le gouvernement et les industriels dans des objectifs communs. Rappelons, à cet égard, que ce pacte PPP trace la feuille de route nationale qui a été élaborée pour le secteur du textile pour la période 2019-2023, en vertu de laquelle les exportations du secteur doivent passer de 2,7 à 4 milliards d’euros en 2023, et le nombre d’emplois créés devrait atteindre 50 mille postes, à raison de 10 mille postes par an.

Aussi, il est à préciser que le textile tunisien devrait reconquérir sa part perdue du marché européen et regagner sa position en tant que 5e fournisseur des Européens, soit 4% du total de leur marché. Le taux d’intégration devrait également augmenter de 10 à 35%, à travers principalement l’amélioration de la valeur ajoutée et l’utilisation de la matière première locale. Parmi les engagements les plus importants du gouvernement envers les professionnels du textile, on cite essentiellement le rééchelonnement de la dette et la restructuration financière des entreprises en difficulté.

Rappelons que, pour atteindre ces objectifs, le gouvernement et la Ftth ont signé, au mois de février de l’année en cours, ce pacte sectoriel qui n’est que le déploiement du plan de relance conçu par les professionnels eux-mêmes. Il s’articule autour de 6 principaux piliers, à savoir la gouvernance, l’intégration, la promotion, la formation, l’infrastructure et le climat des affaires.

Rappelons brièvement, à cet égard, les principales mesures intégrées dans le plan de relance. En effet, le 1er axe relatif à la gouvernance favorise la mise en place d’un Conseil national stratégique du secteur du textile. Pour le volet amélioration de l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales, la fédération a fixé 11 projets qui nécessitent un financement à hauteur de 500 millions de dinars. Un fonds d’investissement public-privé a été lancé à cet effet, pour lequel le gouvernement a mobilisé 100 millions de dinars.

En ce qui concerne la formation, le plan de relance intègre des programmes de reconversion professionnelle au profit des filières textiles. Quant au climat des affaires, il a été décidé d’appliquer des tarifications préférentielles de l’énergie, de l’eau et de l’environnement outre l’adoption de mesures pour la rationalisation des importations adossées à un contrôle technique phytosanitaire. Les autorités se sont également engagées à autoriser la commercialisation de 30% de la production des entreprises totalement exportatrices, sur le marché local.

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