Le stade attend encore des travaux d’entretien et de remise en sécurité avant d’ouvrir ses portes au grand public.


Construits pour les jeux méditerranéens en 1967, le Palais des sports, la piscine olympique ainsi que le stade mythique d’El Menzah ont vu leur charisme fané avec le temps qui passe depuis l’époque élogieuse de Habib Akid. Avec les intempéries politiques menant aux choix désastreux, le stade d’El Menzah est en phase de régénération depuis 4 longues années. Une durée trop longue et honteuse pour les amateurs de foot qui attendent depuis longtemps d’entendre leurs propres voix rugir en écho dans ses beaux gradins.
Pour Tarek Ferjaoui, directeur général de la Cité nationale olympique, le stade d’El Menzah nécessite «  un diagnostic d’expertise.

Cette étape cruciale pour la rénovation est déjà en cours en partenariat avec le ministère de l’Equipement. Il faut tout remettre en ordre et rénover chaque particule du stade pour relancer ses fonctionnalités. Nous faisons tout notre possible pour remédier à ce problème. Quand on a un prestigieux monument comme celui du stade d’El Menzah, on se doit impérativement d’en prendre soin et élaborer des stratégies efficaces pour lui restituer sa valeur » déclare-t-il.

Compte tenu des risques représentés par l’état du stade, le public n’a reçu aucune autorisation d’y pénétrer depuis fin septembre 2017. Jugé dangereux pour les gens , la société de la cité nationale a eu recours à des bureaux d’expertise étrangers pour faire un bilan de la question en concluant que les pilons présentaient un risque majeur.

Suite à une visite au stade, l’expert en gazon Emmanuel Bessong a déduit qu’il faut tout refaire et ne pas laisser moisir le gazon. L’avis du spécialiste camerounais vis-à-vis du stade de Radès est presque le même.
« Les stades de Radès et d’El Menzah souffrent des mêmes maux. il y a beaucoup de choses qui ont été faites, notamment l’utilisation excessive qui a nui au gazon. Il faut donner à El Menzah la valeur qu’il mérite car c’est un stade- phare en Tunisie. Parmi les changements radicaux à faire, on peut citer la mise en place d’un substrat des dernières générations type « SCS » ou « Désograss Master » pour pouvoir répondre aux attentes du terrain ». a dit T.Ferjaoui.

Une enveloppe de 22 millions de dinars
Pour Sonia Benchikh, ministre des Affaires de la jeunesse et des Sports, El Menzah nécessite une enveloppe de 22 millions de dinars pour sa rénovation sachant que le ministère de l’Equipment a été déjà chargé de superviser les grands travaux de ce monument tant délaissé.
Le directeur de la Cité nationale sportive, Tarek Ferjaoui, avait déjà confirmé le démarrage des travaux au mois de février.

En attendant encore les promesses des responsables, les attentes devront aboutir à des fins plus efficaces, plus solides et cela au niveau de la sécurité, de la qualité du gazon et surtout d’une maintenance bien régulière. D’ailleurs, les infiltrations d’eau qui ont eu lieu au niveau des gradins d’El Menzah ne sont que les conséquences d’une indifférence à l’égard de nos atouts infrastructurels qui, de nos jours, se comptent sur les doigts de la main.

A l’ère du football moderne, nos institutions n’ont pas levé le petit doigt pour s’adapter aux nouveaux modèles entrepreneuriaux visant à jumeler activités sportives et économiques.
Entre travaux et visites d’expertise, nos stades de football agonisent encore sous les matraques de la bureaucratie et d’une administration médiévale n’osant rien pour renflouer les caisses de l’Etat ainsi que nos jeunes joueurs affamés de terrains praticables et d’un grand prestige comme El Menzah. Il faudra attendre encore pour notre mythique El Menzah.

Ghazi ARFAOUI

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