Alors que l’Office de l’huile se dit prêt à réceptionner près de 30.000 tonnes d’huile d’olive auprès des professionnels, l’opposition frontale de la partie syndicale est là.


Avec une production record d’olive de 350.000 tonnes sur les bras,  nos agriculteurs ne semblent pas satisfaits. Comme à chaque saison d’abondance, ils se mettent à râler et à demander l’aide de l’État. Il est vrai qu’on n’a jamais vu de telles attitudes de la part de nos agriculteurs. Sauf depuis l’arrivée de nouveaux responsables à la tête de l’Utap.
Cette grande organisation avait, toujours, défendu, de façon sereine et honnête, sans aucune arrière-pensée, les vrais intérêts du secteur. Ce qui se passe, actuellement, s’apparente beaucoup plus à un bras de fer permanent et délibéré contre les autorités de tutelle.
L’affaire du prix de l’huile d’olive illustre bien cette confrontation inutile qui aurait pu, d’ailleurs, être résolue moyennant des discussions plus discrètes loin des lumières des médias et des surenchères.
Tout (vrai) problème peut trouver une issue si les volontés sincères existent de part et d’autre. Or, la tempête soulevée à propos de la chute des cours des olives et de l’huile (qui, faut-il le souligner, est mondiale) n’aurait pas dû prendre une telle tournure au point que les différentes parties ont érigé entre elles des murs de sous-entendus et de méfiance.

Il faut le dire, nos agriculteurs ont, toujours, été au-dessus de tout soupçon. Ils ne se sont, jamais, enrôlés dans des actions de blocage ou de contestation systématiques comme celles auxquelles nous assistons, actuellement.
Pour la plupart d’entre eux, ils sont des gens qui ne cherchent que leurs intérêts sans chercher à profiter de ce qui n’est pas leur dû. On les a, toujours, connus soucieux de l’intérêt du pays et de leurs concitoyens.
Malheureusement, ils sont, de plus en plus, entourés de profiteurs de tout acabit qui cherchent à les utiliser à des fins inavouées maïs que n’importe qui peut deviner.
Les batailles dans lesquelles on veut engager nos agriculteurs ne peuvent rien apporter de bon.
Elles visent à les affaiblir et les détourner de leur objectif essentiel afin qu’ils soient une proie facile à la portée des opportunistes.
Car, comment expliquer cette série de conflits créés de toutes pièces à chaque campagne agricole (dattes, céréales, lait, olives…) ?

Et, à chaque fois, les exigences sont les mêmes : obtenir, toujours, plus d’argent et à n’importe quel prix. Sans tenir compte de quelque conjoncture que ce soit. On se rappelle l’épuisante bataille pour l’augmentation des prix du lait à la production, celle pour la collecte des céréales. Aujourd’hui, c’est au tour de l’huile. Les propositions excessives de l’organisation syndicale sont telles qu’elles nous privent de tout commentaire !
Certes, la manne oléicole doit apporter des bénéfices à ceux qui ont veillé à faire parvenir la production à sa fin et qui se sont fatigués pour cela. Mais toute personne raisonnable admettra qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Il faut, également, accepter les compromis lorsqu’on s’engage dans des négociations. Ce qui ne semble guère être le cas dans la situation actuelle. Par la voix de l’Utap, on cherche à imposer un prix et à refuser celui proposé par les autorités officielles.

Alors que l’Office de l’huile se dit prêt à réceptionner près de 30.000 tonnes d’huile d’olive auprès des professionnels, l’opposition frontale de la partie syndicale est là. L’Office est prêt à débourser, au moins, 100 milliards de millimes pour ces acquisitions. C’est vrai que l’offre de 5 D 600 ne plaît pas aux partisans de la surenchère. Pour eux, il faudrait, au minimum, 7D 500. Pourtant, beaucoup d’oléiculteurs ont, déjà, écoulé leurs produits à 4D 300, 4 D 600 ou 4 D 800.
Pourquoi, peut-on se demander, le consommateur n’est pas pris en compte par les partisans du tout ou rien ? Que veulent-ils en mettant entre parenthèses l’intérêt du consommateur tunisien ?
Ne peuvent-ils pas se défaire de leur vision égoïste et penser aux autres qui ont le droit de profiter de cette abondance ?
On se demande, aussi, pourquoi ces responsables syndicaux vont-ils jusqu’à refuser ce droit aux couches sociales les plus faibles.
D’ailleurs, l’idée saugrenue qu’ils défendent, maintenant, en dit long sur leur intention d’ignorer, royalement, le pauvre consommateur tunisien. Comme s’il n’existait pas ou n’avait pas le droit d’exister. En effet, on constate que toutes les initiatives que cette organisation agricole adopte ne tiennent, jamais, compte des intérêts des consommateurs. La preuve est donnée par la suggestion faite de ne plus subventionner l’huile ménagère et de détourner ces fonds pour les donner aux producteurs d’huile !

Plus insensé, il n’y en a pas !
C’est là le comble de l’égoïsme. Et dire que lorsque les agriculteurs font d’énormes bénéfices personne ne vient leur réclamer de remettre une partie à l’État ou à diminuer les prix.
Au contraire, on fait tout pour soutirer le maximum de profits publics sans savoir que c’est l’argent du pauvre contribuable qui va dans les poches de ceux qui ne cherchent que leurs intérêts.
Dommage que nos agriculteurs ne soient pas mieux encadrés. Mais malgré tout, les Tunisiens continueront de porter nos agriculteurs, les vrais, dans leurs cœurs.

A.CHRAIET

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