La Tunisie s’apprête à vivre dans les prochains jours un événement inédit avec le lancement de la première caravane nationale dédiée à la Smart City. Une première en Afrique et dans tout le monde arabe !
Pendant huit jours, du 24 avril au 1er mai, la Tunisie vibrera au rythme du numérique à l’occasion du lancement de la première tournée de la caravane nationale dédiée aux villes intelligentes «Tunisian Smart Cities», un événement itinérant co-organisé avec 24 villes tunisiennes, avec comme objectif principal de démystifier la démarche de ville intelligente et en diffuser les bonnes pratiques auprès des acteurs socioéconomiques pour les sensibiliser à ce concept encore peu connu et aux enjeux relatifs à l’aménagement intelligent et durable des territoires en utilisant les technologies pour faciliter la vie des citoyens.

De Bizerte à tout le pays…
Borhène Dhaouadi, jeune architecte manager en politiques urbaines et président de l’Association Tunisian Smart Cities, indique que l’histoire de la ville intelligente a démarré depuis 2009 avec le lancement du programme «Bizerte Smart City» qui a réussi en moins de 10 ans à avoir un impact fort sur le plan national et a fait naître des initiatives pareilles dans d’autres villes tunisiennes. Aujourd’hui, il veut aller encore plus loin pour faire le tour dans les 24 gouvernorats et toucher une trentaine de communes, avec un programme qui se veut précurseur en matière de conception locale de la Smart City en Tunisie et en Afrique. «L’idée de travailler à l’échelle du pays autorise les territoires qui le composent à travailler en complémentarité sur des enjeux communs. Le premier, et de loin le plus pertinent, est bien évidemment le passage d’une ville qui se veut intelligente à un pays promoteur d’intelligence, en s’appuyant entre autres sur l’expérience de Bizerte», précise Dhaouadi.
Il ajoute que cette mission devient une source de motivation pour les initiateurs de ce projet, notamment avec le soutien et l’intérêt accordé par le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie numérique qui n’a ménagé aucun effort pour placer ce projet parmi les priorités nationales en ce domaine. «Nos décideurs sont conscients, aujourd’hui, que la Smart City n’est pas un luxe mais une obligation pour les villes tunisiennes dans l’optique d’une meilleure optimisation des moyens et des ressources et pour une gouvernance territoriale saine et transparente. De telles initiatives ne peuvent que nous donner l’espoir d’un avenir plus durable et nous rendre optimistes», souligne-t-il.
A cette fin, tout un programme de vulgarisation a été établi pour rassembler les Tunisiens et les aider à mieux comprendre la ville intelligente de demain, qui doit être construite pour et avec ses habitants car l’implication des citoyens est importante afin de créer des villes désirables et durables…

Pas juste les capitales
Dhaouadi précise que le choix des villes était fait d’une manière totalement transparente et répondait à des besoins économiques pertinents. Loin de la capitale et des villes côtières, la caravane se dirige vers les quatre coins du pays, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Si les villes les plus importantes de Tunisie, comme Bizerte, Sousse, Tunis ou Hammamet, sont naturellement au rendez-vous, des villes de tailles plus modestes se saisissent elles aussi du sujet… Des villes à l’instar de Gafsa, Sidi Bouzid, Kasserine, Béja… seront programmées. Ce qui a donné un vrai coup de pouce à cette initiative, ce sont les collectivités de ces régions qui ont déclaré être engagées dans un projet de ville du futur. Mais opérer de telles transformations demande des expertises que ces villes n’ont pas forcément. D’où l’importance de l’accompagnement des collectivités, en termes financiers mais aussi de conseils. «Grâce à Tunisian Smart Cities, on pourrait identifier les spécificités et les besoins de chacune de ces villes à travers une concertation avec la population locale. Les problématiques qu’on peut rencontrer à Gafsa ne sont pas forcément les mêmes à Bizerte ou Djerba car chaque région a ses spécificités. A titre d’exemple, à Gabès, il existe un grand problème d’environnement, donc, par logique, le principal atelier qui sera organisé dans cette ville sera dédié à l’environnement, mais toujours en rapport avec la Smart City. C’est pourquoi tout au long de cette caravane, on sera accompagné de livrables, de supports, de master plans, d’analyses…qui seront confrontés avec la réalité, les remarques et les propositions de la population qu’on va rencontrer sur place pour répondre à l’ambition de réunir dans un même espace les réflexions, les expérimentations et les réalisations faites pour répondre aux enjeux de la Smart City», explique-t-il.
Sur la feuille de route de la caravane figure en premier lieu Bizerte, suivie de la ville de Tabarka, Le Kef, Kairouan, Tozeur, Gabès, Sfax, Mahdia, Sousse, Hammamet et le Grand-Tunis. «“Lest’sMake It” était le slogan choisi par notre association. Avec notre détermination et la volonté politique, la Tunisie ose être intelligente. On ne compte ménager aucun effort pour concrétiser notre rêve qui va préparer les terrains aux futures générations», souligne-t-il.

Un livre blanc sur la Smart City?
Dhaouadi affirme qu’après l’achèvement de cet événement inédit, un livre sur la caravane nationale Tunisian Smart Cities, qui regroupe toutes les questions que l’on se pose sur le concept de la ville intelligente, sera publié. Il s’agit d’un outil qui va aider l’Etat à bâtir une stratégie de développement de villes intelligentes en Tunisie. Il est utile de souligner que la deuxième tournée de cette caravane est prévue du 27 juin au 4 juillet 2019. Le départ se fera de la ville de Bizerte pour passer ensuite par les villes de : La Marsa, Ariana, Nabeul, Zaghouan, Monastir, Sidi Bouzid, Djerba, Tataouine, Gafsa, Kasserine et Béja.

Meriem KHDIMALLAH

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