Deux nouvelles œuvres pour cette fin de semaine, la création en est la pièce maîtresse et la quête de soi, un inconditionnel questionnement.


Du 8 au 11 janvier 2020 à 19h30 à El Teatro, le jeune metteur en scène syrien Rémi Sermini en résidence en Tunisie présente sa création «Aurore en bouche» une adaptation du texte théâtral «l’acteur X» de Haya Hasani. Une coproduction entre El Teatro et Art vida.
Se recroqueviller un temps, plonger au plus profond de soi, combattre, se découvrir…
L’être humain, a-t-il suffisamment de lucidité et de rage pour mener ce voyage à terme ? Est-il capable d’être happé par la vérité?
Sommes-nous ce que nous prétendons être ou nous ne sommes que de funestes étrangers à nous-mêmes?… L’amour existe. Mais par quel miracle nous ne soupçonnons sa présence que quand il est déjà bien loin? La vérité se cacherait-elle dans les interstices des traits obscurs de l’horizon? On raconte que, quelques instants avant, le lever du soleil, dans l’attente d’une vision, pourrait apparaître.
Interprété par un beau duo Nejma Zeghidi et Ahmed Mourad Khanfir avec une création musicale signée Ibrahim Khalaf, «Aurore en bouche» est une aventure immersive dans l’être-artiste portée par la rencontre de deux comédiens : un homme et une femme dans un huis clos.
Ces deux acteurs qui se retrouvent se confrontent à la solitude et au questionnement de soi et leur rapport au monde. Du texte en arabe littéraire, la pièce de Haya Hasani se donne à un périlleux exercice d’adaptation au dialectal tunisien. Et cette quête humaine sortira de son cadre géo-social pour rejoindre une autre temporalité.
«Aurore en bouche» parle d’amour, de rapport à soi, au monde et à autrui. Haya Hasani y met de sa sensibilité, Rémi Sermini son écriture et sa dramaturgie et chacun des deux comédiens sa propre lecture et sa prise en charge émotionnelle. Ce travail est un pont entre ici et là-bas, là où la guerre s’installe. Les comédiens face à leur frustration, à leurs envies et à leur désir d’aller vers l’autre, en sont la seule résonnance. Du côté de l’avenue de Paris, au 4e art, rendez-vous avec le cycle du spectacle «Le Nom du Père» de Marwa Manai, dernière création du Théâtre national tunisien vendredi et samedi à 19h30 et le dimanche à 17h00.
Sept ans après leur départ de chez eux, deux frères et deux sœurs se retrouvent. La raison de cette réunion est la lecture du testament laissé par leur défunt père. Le rituel doit suivre les instructions suivantes : pas un mot ne sera lu avant que toute la famille ne se réunisse dans le foyer ancestral et dîne ensemble dans un esprit convivial. Ils sont déchirés entre écouter les derniers mots de leur père et retrouver leur nouvelle vie, quand un invité mystérieux frappe à leur porte. Le dîner est retardé.
Les secrets refont surface, les questions se multiplient et la tension s’accumule.
Ils se rendent vite compte qu’ils sont pris au piège du labyrinthe de leurs souvenirs, incapables de se libérer. Ils essaient de fuir les images cinglantes que la maison réveille. Sont-ils condamnés?
Le dîner est servi.

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