Selon les enquêtes d’identification des besoins de réhabilitation, réalisées au cours de la dernière décennie dans le cadre de la préparation des plans de développement, 1.400 quartiers ont été recensés pour près de 700 mille logements et plus de 3,5 millions d’habitants, correspondant à 32% de la population tunisienne.
Durant les dernières décennies, 1.236 quartiers populaires ont été réhabilités par l’Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine (Arru), relevant du ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire. Cette agence a été créée dans les années 70, avec la prolifération des quartiers anarchiques. Ses interventions ont touché jusque-là 3,8 millions d’habitants, pour un montant alloué de 1.150 MDT, en collaboration avec différents bailleurs de fonds, parmi lesquels l’Union européenne, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne de l’investissement (BEI) et la Banque d’investissement allemande (Kfw). Elles consistent en l’aménagement de voiries, la réalisation de réseaux d’assainissement, la réalisation de réseaux de drainage des eaux pluviales, l’implantation de points lumineux et l’amélioration de logements.
Depuis 2011, l’agence a procédé à une deuxième évaluation des besoins des quartiers populaires pour concerner aussi les agglomérations rurales, outre les zones urbaines. Une évaluation qui a permis le lancement du programme d’appui aux zones défavorisées (Pazd) en 2012, suivi du programme prioritaire d’intégration des quartiers populaires (2012) et sa deuxième phase en 2015, ainsi que du programme d’appui à la politique de la ville (Proville) en 2018. Le montant total alloué à ces programmes est de l’ordre de 99,69 millions d’euros.

Amélioration des conditions de vie
En ce qui concerne le programme de réhabilitation des quartiers d’habitation, il vise à améliorer les conditions de vie des populations dans les zones urbaines défavorisées et le soutien à la réforme de la politique de la ville. Il concerne 155 quartiers, près de 180 mille logements et plus de 800 mille habitants. Son coût s’élève à 611,5 MDT pour une période de réalisation de sept ans (2013-2019). Actuellement, les travaux d’infrastructure ont été achevés à hauteur de 92%, avec un taux d’avancement de 77% pour la composante amélioration de l’habitat.
Au niveau de la deuxième génération de ce programme qui couvre la période 2019-2023, l’objectif est de toucher 146 quartiers, 630 mille habitants et 180 logements pour un coût total de 635 MDT. Selon Hatem Yahyaoui,  directeur général  adjoint de l’agence, les interventions du programme concerneront les infrastructures de base, la création d’espaces publics ouverts et verts, les installations récréatives et culturelles, les locaux pour les activités et les services économiques locaux. Il s’agit aussi de contribuer à l’amélioration du logement privé ainsi que le développement de nouveaux lotissements d’un prix abordable pour prévenir le développement de l’habitat informel.

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