Dans le monde, des capitales appellent au calme alors que d’autres manient la menace.

AFP — Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine ont appelé jeudi «toutes les parties à agir avec retenue» pour mettre fin à l’escalade entre les Etats-Unis et l’Iran.

«Nous affirmons notre engagement à désamorcer les tensions dans la région et appelons toutes les parties à agir avec retenue et bon sens et à donner la priorité à la diplomatie», ont déclaré les deux présidents dans un communiqué conjoint à l’issue d’un entretien à Istanbul.

La Chine a, également, appelé hier à «la retenue» après les attaques menées par l’Iran contre des bases américaines en Irak en représailles à l’élimination du puissant général Qassem Soleimani par Washington.

«Il n’est dans l’intérêt d’aucune partie que la situation au Moyen-Orient s’aggrave encore», a averti devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

«Nous appelons les parties concernées à faire preuve de retenue», a indiqué M. Geng.

La France et la Grande-Bretagne, membres de la coalition internationale antijihadistes, ont indiqué que ces frappes, qu’elles ont condamnées, n’avaient pas fait de victime dans leurs rangs.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a condamné hier les tirs de missiles iraniens contre des bases en Irak utilisées par les Américains et a réitéré son appel à la retenue.

Ces tirs étaient la première réponse militaire de Téhéran à l’assassinat de l’influent général iranien Qassem Soleimani par une attaque de drone américain en Irak le 3 janvier. Les milices pro-iraniennes en Irak ont également annoncé hier des attaques de représailles contre les troupes américaines.

«L’Otan exhorte l’Iran à s’abstenir de toute nouvelle violence», a affirmé Jens Stoltenberg sur son compte Twitter.

Un responsable de l’Alliance a par ailleurs assuré qu’aucune victime n’était à déplorer parmi les effectifs de la mission de l’Otan s’occupant de former les forces irakiennes.

En raison des tensions croissantes dans la région, l’Otan a suspendu samedi dernier ses opérations d’entraînement de l’armée irakienne. Et mardi, l’organisation a annoncé qu’une partie du personnel qui y est stationné serait temporairement transféré à l’étranger pour des raisons de sécurité.

Depuis octobre 2018, l’Alliance entraînait les forces irakiennes à la demande de Bagdad pour empêcher le retour de l’Etat islamique.

Bagdad dit avoir été informé

L’Irak a dit hier avoir été informé par l’Iran qu’il allait mener des raids sur son sol, affirmant que, simultanément, les Américains appelaient pour signaler qu’ils étaient attaqués alors que Téhéran tirait 22 missiles sur des bases irakiennes utilisées par l’armée américaine.

« Mercredi après minuit, nous avons reçu un message verbal officiel de la République islamique d’Iran indiquant que la riposte à l’assassinat du martyr Qassem Soleimani commençait ou allait commencer sous peu et que les frappes se limiteraient aux zones où l’armée américaine est présente en Irak sans plus de détails sur les localisations», indique le bureau du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi.

«Au même moment, les Américains nous appelaient alors que les missiles s’abattaient sur les sections américaines des bases d’Aïn al-Assad dans la province d’Anbar (ouest) et de Harir à Erbil (nord)», poursuit le communiqué.

«Nous avons immédiatement prévenu le commandement militaire irakien pour prendre les mesures nécessaires», ajoute le texte, alors que l’armée irakienne a annoncé, sept heures après l’attaque qu’il n’y avait pas de victimes dans ses rangs. Et M. Abdel Mahdi «a communiqué avec des (personnalités) dans le pays et à l’étranger pour réitérer le refus d’une guerre ouverte».

Le président irakien Barham Saleh a «dénoncé» hier les tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des Américains, disant refuser «que l’Irak soit transformé en champ de bataille pour des parties en conflit». M. Saleh a dit «refuser de nouveau les violations répétées de la souveraineté irakienne».

Le chef du Parlement irakien a dénoncé hier «une violation iranienne de la souveraineté irakienne», après le tir par Téhéran de 22 missiles sur des bases irakiennes abritant des soldats américains en représailles à l’assassinat par Washington de son général Qassem Soleimani à Bagdad.

«Nous condamnons la violation iranienne de la souveraineté irakienne aujourd’hui à l’aube, nous confirmons notre refus absolu que les parties en conflit utilisent l’arène irakienne pour régler leurs comptes», indique dans un communiqué Mohammed al-Halboussi, ancien gouverneur de la province sunnite d’Anbar, où la base d’Aïn al-Assad a été frappée dans la nuit par 17 missiles iraniens, selon l’armée irakienne.

Onze heures après que les missiles iraniens se sont abattus sur son sol, l’Irak affirme «refuser toute violation de sa souveraineté et agression contre son sol».

Il y a cinq jours, un drone américain avait tué, sur ordre du président américain Donald Trump, le général iranien Qassem Soleimani près de l’aéroport de Bagdad, ainsi qu’Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux des paramilitaires pro-Iran qui font partie des forces régulières.

Le Koweït dément un retrait des forces américaines

Le Koweït a démenti hier une information selon laquelle les Etats-Unis avaient décidé de retirer leurs troupes de ce pays voisin de l’Irak, affirmant que le compte Twitter de son agence officielle, qui avait publié cette nouvelle, a été piraté.

L’agence de presse Kuna a tweeté plus tôt dans la journée que le ministre koweïtien de la Défense avait été informé par le commandant des forces américaines dans le royaume de leur intention de se retirer du camp d’Arifjan (70 km au sud de la capitale koweïtienne) dans les trois jours.

La nouvelle, publiée en arabe et en anglais, a été retirée peu après.

«Le compte (Twitter) de l’agence a été piraté (…). L’information sur l’intention des troupes américaines de se retirer est fausse», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Tarek al-Mazrem, dans un communiqué.

Kuna a précisé que son compte Twitter avait été piraté et que la fausse nouvelle n’avait pas été publiée sur son fil général.

L’incident intervient après que les Etats-Unis, dans une lettre transmise lundi soir par erreur selon Washington, ont annoncé préparer leur retrait d’Irak, avant de le démentir.

De son côté, Chypre a affirmé hier avoir donné son accord pour abriter une unité de réaction rapide américaine «exclusivement pour des activités humanitaires», en cas d’évacuation de diplomates et de civils américains du Moyen-Orient, dans le contexte de vives tensions entre Washington et Téhéran.

Chypre «a donné son accord pour le stationnement temporaire à Chypre d’une unité de réaction rapide dont la tâche sera d’évacuer des missions diplomatiques américaines déployées dans la région, ainsi que des citoyens américains, si nécessaire», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Kyriacos Koushos.

«La République de Chypre a une longue tradition de fournir des équipements pour des opérations humanitaires sur la base de requêtes de pays tiers», a-t-il poursuivi, précisant que la requête américaine avait été réalisée via l’ambassade des Etats-Unis à Nicosie.

Synthèse d’après l’AFP

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