L’Institut arabe des chefs d’entreprises (Iace) a tenu récemment la 5e édition du Tunisia Economic Forum. Un événement qui s’est intéressé, cette année, à une thématique très chère aux chefs d’entreprise tunisiens, s’agissant de l’infrastructure de qualité. Plusieurs problématiques découlent de cette question cruciale pour l’économie tunisienne et pour l’attractivité de notre pays comme lieu favorable pour l’investissement. Qu’elle soit terrestre, portuaire ou aérienne, la mise en place d’une infrastructure de qualité est un must pour le développement économique d’un pays. “Sommes-nous en train d’investir dans des infrastructures de qualité ? Sommes-nous en train de tenir compte correctement de ces aspects lors des études de lancement des projets et pas uniquement quand cela est souvent demandé par les bailleurs de fonds? Sommes-nous en train d’évaluer la qualité de nos infrastructures après leurs entrées en exploitation et d’en faire le bon suivi qualitatif?”, s’est interrogé Taieb Bayahi, président de l’Iace, à l’ouverture de Tunisia Economic Forum à la Maison de l’entreprise. Des questions qui devraient trouver des réponses auprès des autorités concernées et aussi sensibiliser les partis politiques en cette année électorale.
M. Bayahi a ainsi affirmé que la réalisation d’un audit des infrastructures existantes en termes de qualité et leur amélioration sont primordiales avant d’entamer de nouveaux investissements. Il a estimé qu’une infrastructure de mauvaise qualité est un frein au développement économique, et constitue un obstacle majeur à la conduite des affaires économiques du pays.
“Il est édifiant que plusieurs pays émergents ont pu réaliser des prouesses de croissance économique, grâce aux améliorations apportées dans la qualité de leurs infrastructures et, notamment dans l’entretien, la réfection, l’aménagement et le développement des capacités. Cela devient impérieux pour notre pays de tenir compte de ces impératifs”, a-t-il ajouté.

Amélioration de la productivité
M. Bayahi a, d’ailleurs, précisé qu’une interconnexion plus étendue se traduira nécessairement par une productivité accrue, des gains d’efficacité des services et des retombées positives en matière d’investissements. Il a évoqué les coûts de transport qui augmentent, la perte du temps dans les déplacements et la concurrence accrue du marché, ainsi que le coût de l’énergie, appelant au développement d’une stratégie nationale adéquate pour développer la qualité des infrastructures de connectivité.
A vrai dire, l’état des infrastructures et des services logistiques connaît des difficultés extrêmes. On estime à 20% le coût de la logistique dans le PIB. Un surcoût qui nuit au développement économique du pays. Au niveau du transport maritime, qui assure 96% du commerce extérieur du pays, le diagnostic est sans appel. Selon un rapport de l’Iace, la durée moyenne d’attente en rade au port de Radès est de 24 heures, au port de Marseille d’une heure et au port de Gênes de 45 minutes.
Le rendement de manutention est estimé entre 4 et 8 par heure à Radès, de 20 à 35 à Marseille et Gênes. De même, ces deux ports nous devancent avec Alexandrie dans le temps moyen de séjour d’un navire porte-conteneur à quai soit une journée contre 10 à Radès. En ce qui concerne la fluidité moyenne de passage portuaire routier — correspondant au temps de passage moyen des camions au port avant delivrance du conteneur par le manutentionnaire au transporteur —, on l’estime à 6 heures contre 35 minutes, 30 minutes et 45 minutes respectivement à Marseille, Gênes et Alexandrie.

Plan stratégique
Des difficultés qu’admet Hichem Ben Ahmed, ministre du Tranpsort, affirmant que la priorité du ministère est d’avancer dans le plan stratégique au niveau portuaire, terrestre et aérien. Il a évoqué l’importance de la réalisation des quais 8 et 9 au port de Radès afin de permettre une décongestion du port, mais aussi de la réalisation du port en eaux profondes d’Enfidha. Ce projet a tant tardé. L’appel d’offres lancé a permis d’identifier une short list de 6 entreprises intéressées d’investir. Les offres sont actuellement à l’examen par le Conseil supérieur des marchés.
Au niveau du transport ferroviaire, le ministre a affirmé que la première tranche du projet du RFR, prenant un retard de 5 à 6 années, devra être opérationnelle en fin de l’été 2019.
D’ailleurs, il a indiqué que le renouvellement des trains, dont dispose la Sncft, devra se faire bientôt. Un appel d’offres pour l’achat de 110 rames a été lancé, et les premiers trains devront être prêts d’ici 18 mois. La fabrication prendra 36 mois. Pour le transport aérien, la problématique de Tunisair est assez poignante. M. Ben Ahmed a souligné qu’un Conseil ministériel restreint sera tenu dans les dix jours qui viennent afin de déterminer un plan d’action et d’aller vers une méthode de gestion sur la base d’un contrat-programme de cinq ans.

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