QUI mieux que Mustapha Ben Jaâfar pour parler d’Elyes Fakhfakh ? Ancien chef du parti Ettakatol, dont est « originaire » le chef du gouvernement désigné, il a déclaré, dans un post Facebook, que le choix du Président de la République s’est porté sur « l’un des meilleurs jeunes hommes politiques qui portent un projet clair en plus de sa droiture et de son intégrité ».

Les appréciations quant à la désignation d’Elyes Fakhfakh en tant que personnalité la plus apte ne sont pas seulement exprimées par ceux qui le connaissent de près. Ghazi Chaouachi, élu d’Attayar et chef du Bloc démocrate à l’ARP, est catégorique : son parti soutiendra le chef du gouvernement désigné et accordera en principe sa confiance au gouvernement qu’il formera. Le message de Chaouachi est clair, notamment lorsqu’il qualifie le chef du gouvernement désigné comme étant une personnalité politique « qui croit aux valeurs de la Révolution ». L’on ne sait pas cependant s’il gardera le même jugement et le même discours lorsque viendra le moment de la « répartition » des portefeuilles ministériels dans la mesure où Attayar tient toujours aux ministères exigés lors des consultations avec Habib Jemli. Le parti peut même aller encore plus loin en réclamant plus de ministères.

Tahya Tounès se félicite pour sa part du choix du Président de la République tout en se réjouissant du fait que le chef du gouvernement désigné soit le candidat du parti. Selim Azzabi n’a pas manqué de rappeler que son parti a proposé Elyes Fakhfakh en concertation avec Attayar.
Quant au mouvement Ennahdha, il n’a pas fait d’objection à cette désignation faisant savoir, par l’intermédiaire de son porte-parole, Imed Khemiri, que « nous connaissons Elyes Fakhfakh. Il a collaboré avec nous en tant que ministre au sein des gouvernements de la Troïka. Nous entretenons avec lui des liens d’amitié ».

Entre soutien, adhésion, non-objection, mais aussi réserve, notamment de la part de Qalb Tounès, Elyes Fakhfakh pense déjà à l’heure de vérité à l’ARP. Le bref passage de Habib Jemli ne peut que lui indiquer la voie, tout particulièrement par rapport à ce qu’il devrait éviter dans les négociations à mener pour la formation du gouvernement. Il parle d’ores et déjà d’un gouvernement restreint qui répondra aux aspirations des Tunisiens telles que revendiquées lors des dernières élections. Un gouvernement à la hauteur de ce moment historique. Un gouvernement qui reflètera enfin la compétence, la volonté politique et le respect des fondamentaux nationaux et des objectifs de la révolution.

L’équipe gouvernementale qui sera choisie devrait accréditer le principe et le mode d’emploi selon lesquels la performance dans le rendement ne peut être, à juste titre, qu’un devoir. Une responsabilité. Notamment face à tous les ennuis qui peuvent surgir à tout moment. Elle sera jugée sur son plan d’action, ainsi que sa capacité à mener les grandes réformes nécessaires au niveau politique, économique et social.

Il y a certainement des leçons à retenir du passé, et spécialement des gouvernements qui se sont succédé depuis 2011. On ne saurait en effet ignorer le temps où curieusement la classe politique faisait un fort mauvais usage des notions de la gouvernance. Le chef du gouvernement désigné aura intérêt aujourd’hui à y voir de plus près, pour faire le point et peut-être aussi les comptes. Rendre les choses à leur juste valeur et à leur place réelle en commençant par les détacher de tout ce qui est de nature à les conditionner outre mesure. Cela ne manque pas aussi de rappeler une vérité: en même temps que la performance dans le rendement, il est impératif d’éveiller les consciences.

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Un commentaire

  1. karabak youssef

    23/01/2020 à 09:13

    Ça passera comme d’habitude: la conscience de ceux qui participerons au gouvernement se réveillera systématiquement et ils ns rappellerons, jour et nuit, des notions telles que l’intérêt général, le pays est en état critique et n’a pas des moyens, la nécessité de prendre des mesures douloureuses ainsi de donner des sacrifices..Etc. Les autres en opposition, vont prendre la situation d’attente, de « tanbir » et de mettre tout travail et effort en doute: c’est notre compréhension et définition à la politique.

    Espérant que le prochain gouvernement regroupe toutes les compétences du pays, intègres et partisans à la Tunisie et à la démocratie, quelque soit leur couleur.

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