Créée le 11 octobre 2019, l’Union Nationale des Opérateurs de la Filière Bio (UNObio) a été officiellement lancée, jeudi, lors d’une conférence de presse organisée à l’Institut national agronomique de Tunisie (INAT).

Il s’agit d’un syndicat professionnel indépendant regroupant les agriculteurs, les transformateurs et les distributeurs de produits agricoles naturels ou transformés et portants ou destinés à porter des indications se référant au mode de production biologique.

Telles que présentées par son président, Leith Tlemçani, les principales missions du syndicat consistent à améliorer l’infrastructure nationale de l’agriculture biologique et à veiller à optimiser le rôle des différents acteurs (ministères, organisations de certification, centres de formation…).

Il s’agit aussi de contribuer à une meilleure structuration du marché de la Bio, notamment en matière de circuits d’approvisionnement et de vente, d’encourager la synergie entre les différents opérateurs de la filière (agriculteurs, transformateurs, distributeurs dont les exportateurs), d’aider les agriculteurs à se convertir à l’agriculture biologique, d’assurer une meilleure promotion des produits bio tunisiens et de limiter l’impact de la consommation sur les ressources naturelles (sol, eau, biodiversité,…).

Dans une déclaration à l’agence TAP, Tlemçani a expliqué les prix relativement élevés des produits bio sur le marché local par  » la cherté des coûts du processus de conversion à l’agriculture biologique (stabilisation des sols, fertilisation verte, compostage, main-d’œuvre…). Au début de ce processus, la productivité des terrains diminue et c’est ce qui explique la relative cherté des prix. S’ajoute à cela, le coût de la certification. Mais au fur et à mesure que la production biologique se développe, que l’offre se diversifie et que l’écosystème global devient plus favorable au bio, les prix vont certainement baisser « .

Et d’ajouter  » les prix à l’export sont presque les mêmes pour le bio que pour le conventionnel. Dans d’autres pays, les prix du bio sont parfois inférieurs au conventionnel car les filières bios dans ces pays ont trouvé leur équilibre « .

S’agissant des difficultés que rencontre la filière bio tunisienne, le président d’UNObio a évoqué  » l’absence de synergies entre les différents intervenants, d’un cadre légal pour la distribution des produits bio ce qui ouvre la voie à la fraude, ainsi que d’un contrôle de la commercialisation et de l’usage des pesticides en Tunisie ce qui favorise l’utilisation de produits toxiques interdits selon les normes internationales « .

Tlemçani estime, toutefois, que  » les perspectives sont énormes pour le bio. Dans le monde, le marché du bio représente à peine 3 % du marché global. En Tunisie, la part de ce marché reste aussi dérisoire, malgré l’importance de produits comme les dattes et l’huile d’olive. Dans le monde comme en Tunisie, la demande est beaucoup plus importante que l’offre. Il faut juste que l’écosystème global suive pour que le bio tunisien se développe « .

En 2016, le bio couvre 58 millions ha dans le monde. Le marché alimentaire bio mondial a été pratiquement multiplié par six en seize ans, atteignant plus de 90 milliards de dollars en 2017. En Tunisie, les superficies bios ont atteint 336 mille ha en 2018. 60 mille tonnes de produits bios ont été exportées en 2018 d’une valeur de l’ordre de 677 millions de dinars. Cependant, la filière bio en Tunisie reste dominée à 99 % par deux produits essentiels à savoir l’huile d’olive (80 %) et les dattes (19 %).

L’agriculture biologique constitue un mode de production qui a recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Elle exclut ainsi l’usage des produits chimiques de synthèse (pesticides et engrais chimiques), des OGM et limite l’emploi d’intrants.

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