Le démarrage, hier, de réunions groupant plusieurs partis autour du chef du gouvernement désigné, dans les locaux de Dar Edhiafa à Carthage, se propose de mettre en branle une convergence ayant pour but de faire participer les personnalités éligibles ou candidates aux responsabilités gouvernementales, ainsi que les partis et groupes parlementaires concernés, à l’élaboration concrète, de manière concertée, du programme de réformes envisagé.

Mais cette démarche innovante de Fakhfakh donne l’air de ne pas bénéficier de l’approbation d’Ennahdha qui ne semble pas apprécier la non-consultation, en parallèle, des différents partis politiques impliqués dans l’élaboration du gouvernement d’union nationale. Et le leader nahdhaoui Imed Khmiri craint que chaque avancée entamée dans cette logique, sans être assumée également par le parti concerné, n’échoue et ne fasse échouer le gouvernement. Le parti Ennahdha se montre soucieux de faire valoir la place qu’il occupe de par son score électoral, et de par sa capacité d’influence dans le jeu des partis et à l’Assemblée. De même qu’il réclame la pleine association du parti de Nabil Karoui, arrivé deuxième avec 38 députés.

Et Imed Khmiri d’argumenter : «Un gouvernement avec une large ceinture politique n’est pas comme on veut le dire l’arche de Noé, mais est dicté par le contexte et les résultats des urnes, lesquels ont donné un paysage fragmenté. Si le gouvernement est faiblement soutenu et incapable d’engager les réformes, nous nous dirigerons irrémédiablement vers des élections anticipées qui seront alors le moindre mal».

Allant tout à fait à l’opposé de cette analyse qui ne laisse pas à Elyes Fakhfakh le plein contrôle des négociations gouvernementales, et donc pas non plus le leadership réel du futur gouvernement et de son action, le mouvement Machroû Tounès s’est retiré de la dynamique gouvernementale, estimant les conditions de préséance posées par Ennahdha comme incompatibles avec l’élaboration d’un «document synthétique des grandes réformes» qui soit vraiment représentatif des aspirations de l’ensemble des partis et groupes parlementaires.

Les débats ont d’ailleurs montré, dès le départ, et bien que Qalb Tounès et le PDL aient été d’office déjà totalement exclus de la convergence, la prédominance de partis pris complaisants à l’égard de certaines composantes, dont notamment Ennahdha. Sous le mode d’un chantage aux législatives anticipées. Rappelons, cependant, que l’initiative d’écarter Qalb Tounès et le parti de Abir Moussi de la convergence gouvernementale est assumée par le chef du gouvernement désigné.  Fakhfakh estime en cela se référer à une symbolique de la victoire éclatante de Kaïs Saïed au second tour de la  présidentielle avec 72,71% des suffrages exprimés, correspondant à un réveil de l’opinion publique en faveur des objectifs de la révolution. Le document de référence soumis aux participants a pour but de promouvoir «le gouvernement de la clarté et du rétablissement de la confiance» et énumère les fondements de l’action gouvernementale, en citant les priorités économiques et sociales. Il évoque également la démarche retenue pour composer le gouvernement.

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