Les perspectives du secteur du bâtiment sont prometteuses. Encore faut-il assurer une gestion rationnelle des ressources naturelles disponibles et s’orienter vers des constructions durables et écologiques. Lors d’un atelier sur « la construction durable en Tunisie » organisé, récemment, au Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (Citet), plusieurs actions ont été préconisées en vue d’orienter les architectes vers la construction durable. Ces actions consistent en des sessions de formation au profit des jeunes architectes et l’élaboration des techniques appropriées pour le bâtiment écologique.
Dans les années 2005-2010, l’habitat individuel a occupé une grande partie de l’espace foncier dans la mesure où l’on compte plusieurs villas. Le soutien de l’Etat à l’habitat individuel et unifamilial, fortement consommateur d’espace, a eu pour conséquence l’acquisition de nombreux terrains constructibles sur des zones de plus en plus éloignées, ce qui a causé une extension urbaine incontrôlée. L’aménagement dans ces zones nécessite un coût économique élevé. Ces nouvelles extensions urbaines ont ainsi concerné, autour des principales villes, les derniers sites naturels ainsi que les collines et les vergers.

Bâtiments vétustes
Ces bâtiments, souvent vétustes et au statut foncier flou, constituent un potentiel important pour l’avenir. Mme Nahla Ouni, cadre au sein du ministère des Affaires locales et de l’Environnement, a tenu à préciser que la durabilité du logement touche à l’aspect de l’économie de l’énergie ainsi que le respect de l’environnement.
Elle a indiqué que le parc de logements ne cesse de s’accroître en Tunisie passant de 750 mille en 1957 à 2,880 millions en 2009 et 3,290 millions en 2017 (selon des données de l’Institut national de la statistique (INS).
Les bâtiments doivent faire partie du développement durable. Ils ont donc un rôle clé dans le processus de l’atténuation du réchauffement climatique et de la consommation des ressources naturelles conventionnelles dans la mesure où ils peuvent utiliser les énergies renouvelables et notamment l’énergie solaire pour les chauffe-eaux. Les textes réglementaires (lois, décrets, arrêtés) promulgués constituent un pas pour la promotion du domaine de la construction écologique en Tunisie. L’écolabel tunisien constitue un élément principal dans la construction et l’utilisation de l’énergie propre. D’où l’importance de la politique législative relative à l’utilisation rationnelle de l’énergie renouvelable et le respect de l’environnement.

Services respectueux de l’environnement
Les acteurs qui interviennent dans la construction sont nombreux. Les programmes engagés, actuellement, semblent insuffisants pour classer la Tunisie parmi les pays impliqués sur la voie de la durabilité du bâtiment. Les actions à mettre en place consistent en des programmes d’enseignement et techniques aboutissant à un bâtiment durable dans le cadre d’une stratégie à développer. Cela montre que le pays est en progression pour l’élaboration d’une démarche qualitative qui offre les services les mieux respectueux de l’environnement.
L’implication des différents secteurs pour promouvoir la construction est nécessaire en organisant des séminaires et des journées de formation sur les différents thèmes qui sont en relation avec le bâtiment. Par conséquent, une synergie entre la formation, la recherche et la production doit être établie. Il s’agit aussi de favoriser l’incubation et la création d’entreprises innovantes par la valorisation des résultats de la recherche dans le domaine du bâtiment.

Sabrine AHMED

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