Dans le cadre du Festival du rire, Slah Msaddek est à la une avec Kamel Touati et Lassad Ben Abdallah dans la pièce «Mamou et Chhima» qui aura lieu jeudi 13 février à 19h30 au Théâtre municipal. A cette occasion il a bien voulu nous accorder cet entretien.

Vous êtes actuellement à l’affiche de la pièce «Mamou et chhima» avec Kamel Touati et Lassaâd Ben Abdallah qui sera présentée dans le cadre du Festival du rire…

La pièce porte le nom de deux personnages à savoir Chedly Mamou et Bechir Chehima. Il y a aussi un troisième personnage qui porte le nom de Hammouda Chehima. Il s’agit d’une comédie sociale très actuelle qui est construite sur la réalité et le quotidien du Tunisien. En deux mots c’est l’histoire de deux peintres, l’un est ce qu’on appelle un peintre naïf et l’autre a reçu une formation académique. Le troisième est un accordeur de piano, un métier qui disparaît petit à petit vu l’avènement de l’Orgue (boîte à rythme) qui a conquis l’univers musical. Il y a beaucoup de situations qui prêtent au rire intelligent… On est dans l’humour noir…

On vous retrouve aux côtés de deux autres grands comédiens: Kamel Touati et Lassaâd Ben Abdallah; comment vous vous êtes réunis ?

Au fait c’est le producteur de cette pièce Sami Montassar qui a contacté Kamel Touati au début. Ce dernier nous a proposés pour jouer ces rôles et puis les choses ont pris leur cours avec Sana Ben Taleb comme assistante de production et que je trouve très compétente.
C’est pour la première fois que ce trio se trouve sur les planches d’un théâtre…
Pour moi, c’est la première fois que je joue avec Lassaâd Ben Abdallah mais avec Kamel Touati on s’est déjà donné la réplique dans «El Aouada» de Fadhel Jaïbi et «Comidia». Sur les planches du théâtre je n’ai pas rencontré Kamel Touati depuis «Comidia» c’est-à-dire depuis les années quatre-vingt-dix…

Quel est votre regard sur le «drama» à la télévision aujourd’hui ?

Ce qui manque aujourd’hui à nos feuilletons ce sont les scénaristes ceux qui maîtrisent l’art de la dramaturgie. Si on ne trouve plus aujourd’hui de productions de qualité c’est justement à cause de l’absence de cet ingrédient essentiel. Aujourd’hui les téléspectateurs sont toujours consommateurs des anciens feuilletons («Khottab al bab» et «Ekhwa w Zman») parce que ces derniers contiennent un récit et obéissent à une structure dramaturgique bien étudiée. Malheureusement on ne retrouve plus ce genre de courbes dramaturgiques élégantes. Au-delà de la structure il y avait des gens qui cherchaient à présenter un produit qui se respecte, c’est différent de ceux qui aujourd’hui ne sont attirés que par l’appât du gain. Cela dit, il y a un point qui me semble important : pendant le Ramadan on doit penser aux familles qui sont réunies autour d’une table le soir

Mais ce genre de feuilleton a également son public…

A mon sens, et je l’ai toujours préconisé, il y a deux saisons qui sont propices aux feuilletons : le Ramadan et ce qu’on appelle «Ellyali» cette période en hiver où tout le monde fuit le froid pour se poster devant sa télévision. Pendant le Ramadan les feuilletons doivent être bien écrits avec une histoire sincère qui touche le Tunisien et qu’on peut regarder en famille. L’autre saison pourrait être exploitée pour d’autres sujets issus de l’imagination avec des histoires de gang, etc. Mais pendant le Ramadan,la télévision demeure un univers particulier qui réunit toute la famille et elle doit le rester.

Il y a aussi un nouveau profil de spectateur issu de la génération du numérique…

Oui mais cette génération a aussi une famille… Les représentants de cette génération regardent souvent le petit écran en famille si ce n’est pas tous les jours c’est au moins pendant le Ramadan autour d’une table… Bien au contraire je soutiens cette génération qui innove et qui porte un nouveau regard sur la société mais à mon sens le changement social doit obéir à des étapes et se faire pas à pas… Ce qui est dangereux c’est que l’ivresse du numérique a porté préjudice à la morale sociale et le respect de l’autre. Toute génération doit prendre ce qui meilleur de sa précédente et y ajouter de son mieux.

Comment êtes-vous venu à produire des pièces de théâtre pour enfants?

J’ai commencé à produire des pièces de théâtre pour enfants en 2004. Tout est parti du constat que le théâtre affichait tout le temps complet. Pour moi c’est très important parce que la lanterne de l’acteur est le journaliste et le spectateur. Petit à petit le spectateur a commencé à se faire rare dans les théâtres. Je me suis rappelé que je suis venu au théâtre parce que je regardais des pièces pour enfants, j’ai voulu redevenir enfant et j’ai produit des pièces pour enfants. Mais c’est surtout aussi pour participer ne serait-ce qu’un peu à la préparation d’une génération qui va au théâtre quand elle sera adulte. Et je ne vous cache pas qu’à chaque création, j’ai un public d’enfant très nombreux. En revanche j’essaie de leur donner un travail de qualité. C’est quelque part du militantisme et c’est Sihem ma femme qui m’accompagne dans cette société de production. Nous avons donné des représentations pour les enfants dans les montagnes et dans des endroits très reculés. Ce sont des enfants qui comptent beaucoup pour nous. Nous avons également effectué le choix de donner des représentations gratuites chaque mois pour les enfants qui vivent dans des régions éloignées. C’est une expérience extraordinaire où on découvre des enfants avides de culture et très curieux.

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