Le trio des comédiens aux horizons variés Kamel Touati, Slah Msadek et Lassaâd Ben Abdallah ont présenté en avant-première leur pièce de théâtre tunisienne comique «Mamou & Chehyma» au Théâtre municipal de Tunis le jeudi 13 février.

Le vaudeville, développé d’après une idée de Kamel Touati et mis en scène par l’artiste pluridisciplinaire Lassaâd Ben Abdallah, a posé une multitude de problématiques sociales d’une façon aussi comique qu’innovante.

Le Théâtre municipal était archicomble lors de cette première présentation, par un large public averti et assoiffé de tels moments de détente.

La pièce, pétrie d’humour noir, se veut une comédie sociale et critique qui s’inspire de l’actualité tunisienne et s’aventure sur un ton hilarant pour nous entraîner dans un voyage dans le vécu de deux artistes-peintres. Chehyma, le personnage interprété par Slah Msaddek, est un peintre naïf qui décide avec son ami Mamou, joué par Kamel Touati, de célébrer leurs quarante ans d’amitié en organisant une exposition artistique collective. En pleine nuit pluvieuse et orageuse, Chehyma, qui rend visite à son ami après avoir été chassé par une soucoupe volante, décide de ne pas participer à l’exposition. Un deuxième Mamou (Lassaâd Ben Abdallah), frère du premier, lui aussi artiste et accordeur de piano, marque sa présence sur scène en donnant des répliques en cachette et puis se joint aux deux autres protagonistes.

Le labyrinthe, le tableau entre les mains de Mamou, représente le chaos dans lequel se trouve le Tunisien aujourd’hui. D’ailleurs, la pièce est bourrée de clins d’œil et tout passe à la moulinette: les élections, les problèmes sociaux, les drogues, les conflits avec la police, etc. Et Mamou essaye toujours de trouver un moyen pour s’en sortir.

Les trois comédiens qui se sont retrouvés tous ensemble, pour la première fois sur les planches d’une scène, nous ont offert une performance subtile et délirante. Ils nous ont fait envoler au Kef, dans une brève visite à la table de Jugurtha avec Frida. On s’est rendu aussi aux urnes, le jour des élections, et on a coché au hasard sur le bulletin, tout comme le duo.

Le dialogue entre les personnages, l’interaction entre eux, le jeu de mots et les formules enlevées ont titillé le public et ont  fait rire aux éclats pendant environ deux heures.

Les œuvres artistiques qui regorgent de couleurs de l’artiste peintre Selmen Nahdi ont donné plus de relief à cette comédie.

La pièce est programmée également dans  le cadre du festival du rire de Tunis 2020 le vendredi 21 février à Tunis et au théâtre de Sfax le 28 février courant.

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