Le terrible accident survenu avant-hier sur la route de Boulaaba, et qui a causé le décès de cinq institutrices mortes sur le coup, relance, aujourd’hui, le débat sur les accidents de la route. Leur nombre a considérablement augmenté dans le gouvernorat de Kasserine classé cinquième à l’échelle nationale sur la liste des gouvernorats où on enregistre le plus grand nombre d’accidents de la route. Ce n’est pas un hasard si cette région est durement touchée par ce fléau. Les facteurs incriminés sont nombreux : la non-application de la loi, le non-respect du code de la route, les passe-droits, les mauvaises habitudes au volant auxqueles viennent s’ajouter le mauvais état de l’infrastructure et l’absence de panneaux de signalisation et de glissières de sécurité sur la majorité des axes routiers qualifiés de « dangereux » rendant de plus en plus fréquents les accidents de la route dans cette partie du pays.

La conduite dangereuse, le non-respect des normes de sécurité et l’absence de glissières de sécurité ont eu finalement raison de la vie de huit personnes le mardi dernier, surnommé «mardi noir» par les habitants de la ville. En effet, il n’y a pas que les cinq institutrices qui ont perdu la vie ce jour-là. Un autre drame est survenu un peu plus tôt à l’aube du même jour, raconte Mahmoud Banani, directeur régional de la prévention routière (Association tunisienne de la prévention routière). Un couple sur une moto Vespa circulant derrière un Tuk Tuk transportant leur marchandise avait pris la direction du marché hebdomadaire du centre-ville de Kasserine lorsqu’ils ont été percutés de plein fouet par un conducteur en état d’ébriété conduisant à contre-sens. Le couple meurt sur le coup. Transporté à l’hôpital, le chauffeur finira par décéder dans la nuit. Le même jour, en début d’après-midi vers 13 heures plus précisément, les cinq institutrices quittent l’école Ouadi Rach et s’installent dans la voiture d’Imen Aloui. Celle-ci a l’habitude de mettre sa ceinture de sécurité et ne dépasse jamais les 90 km à l’heure, observe Mahmoud Banani qui connaît très bien la jeune femme pour avoir enseigné avec elle dans le même établissement scolaire.

Il sait parfaitement que la jeune institutrice mariée, âgée d’une trentaine d’années et mère de trois enfants, se montre habituellement très prudente sur la route. « Elle avait l’habitude de me demander des conseils en matière de sécurité routière », a ajouté le directeur régional de la sécurité routière. Celle-ci emprunte la route 17 qui relie Kasserine Sud et Foussana. A peine dix kilomètres de là, au niveau de Boulaaba plus exactement, là où va avoir lieu l’accident, la route, surélevée de deux mètres par rapport au sol, n’est pas dotée de glissières de sécurité. Cette route régionale, qui se trouve à proximité du Mont Chaâmbi, longe une carrière en pleine activité. La jeune femme ne sait pas qu’un camion transportant du gravier non recouvert par une bâche l’a précédée quelques heures avant sur le même axe routier, en  renversant une bonne partie de sa cargaison sur la chaussée ce qui va la rendre glissante. C’est à ce niveau que la voiture va déraper. Afin d’éviter de plonger en contrebas de la route, la jeune femme qui a perdu le contrôle du véhicule, tente  une dernière chance et donne un coup brutal de volant à gauche. L’embardée est fatale. La conductrice percute de plein fouet un camion venant en sens inverse. Les cinq occupantes, dont l’une d’elle est la fille du propriétaire de la carrière d’où provient le gravier à l’origine de l’accident, meurent sur le coup. Suite à ce drame, un deuil est décrété dans l’établissement primaire où elles enseignent et qui se retrouve privé de cinq institutrices.

Mahmoud Banani pointe les nombreux dysfonctionnements et lacunes qui sont à l’origine de ces deux drames de la route survenus en une seule journée et qui viennent rallonger la liste noire des accidents de la route dans cette région. « Il y a beaucoup de problèmes à régler pour pouvoir endiguer ce fléau. La plupart des véhicules ne sont pas assurés parce que les gens n’ont pas les moyens de payer l’assurance. Par conséquent, ils ne sont pas protégés en cas d’accident de la route. Il faut réviser le code de la route et durcir la loi en matière de sécurité routière. On fait preuve de trop de souplesse par rapport à la conduite à risque et aux mauvais comportements sur la route alors qu’il faudrait sévir et pénaliser davantage les conducteurs qui ne respectent pas le code de la route ». Selon le directeur régional de la prévention routière, un autre point serait préoccupant, à savoir l’insuffisance des rondes et des patrouilles au niveau des routes régionales et des axes routiers du gouvernorat. Il faudrait non seulement renforcer ces rondes et ces patrouilles mais également installer des panneaux de signalisation et des glissières de protection au niveau des points noirs à l’instar Boulaaba et des routes de Chraara et de Feriana. « L’une de ces routes est empruntée par les contrebandiers, responsables de la plupart des accidents de la route qui surviennent sur cet axe routier. Non seulement il n’y a ni glissières et ni panneaux de signalisation mais elles sont en plus très mal éclairées la nuit. Notre rôle est de sensibiliser à ces problèmes. Or, nous devons, en tant qu’association être davantage impliquée dans les conseils régionaux et municipaux afin de renforcer la sécurité routière. J’ai surtout l’impression que les conseils municipaux ne sont pas en train de prendre des décisions ni de trouver des solutions  pour venir à bout de ces problèmes ».

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Un commentaire

  1. Liberte

    27/02/2020 à 11:51

    Non mais on prend les lecteurs pour des cons ? Un tat de graviers qui est la cause de l’accident et pourquoi pas le passage d’une colonne de formes, soyons sérieux l’état des routes de la Tunisie est plus que lamentable et dangereux, aucun entretien et manque de signalisations , les ralentisseurs c’est vraiment un danger continue et lés plupart ne sont pas signalées, bref c’est l’état qui est responsable et l’état est bloc qu’on ne peut pas attaquer.

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