LA démission totalement inattendue et définitive de Abdelhamid Jelassi de la direction d’Ennahdha (Conseil de la choura) qui sera relatée par toutes les structures auprès de toutes les directions du mouvement représente pour les islamistes du monde entier et ceux les plus célèbres de Tunisie une surprise qui désarçonne la totalité des édifices politiques. Elle met fin  à un long et interminable processus centrifuge de désaccords, de va-et-vient politiques marquant diversement l’inéluctable fin du mouvement Ennahdha que beaucoup considèrent comme le représentant des Frères musulmans chez nous.  

L’épouse de Abdelhamid Jlassi, Monia Brahim, a promis que le texte officiel de la démission détaillera les raisons qui ont finalement conduit son mari à prendre cette décision Chose faite. Il est à rappeler que le dirigeant Abdelhamid Jelassi avait présenté le 28 janvier 2015 sa démission de son poste de vice-président d’Ennahdha. Et qu’à ce moment-là, tous les analystes avaient conclu à une décision contrainte de laisser tomber l’éventualité d’une décision complète et totale de quitter la présidence d’Ennahdha.

Il faut dire qu’à la veille de cette déclaration, Ennahdha avait multiplié les menaces d’implosion dans ce sens.

Le leader islamiste avait également déclaré craindre qu’Ennahdha ne connaisse le même sort que Nida Tounès qui a vécu plusieurs divisions et s’est constitué en plusieurs formations politiques avant de subir son échec ultime aux dernières législatives.

On se souvient qu’à l’époque, plusieurs autres dirigeants d’Ennahdha avaient présenté leur démission. On cite, en particulier, la démission intervenue le 5 mars 2014 du secrétaire général du mouvement Hamadi Jebali. Plus près de nous,  la démission de Zied Laâdhari avait représenté une période de conflits autour du leadership, de la gouvernance du parti qui étaient l’occasion de diverses  crises graves qui sont allées jusqu’à menacer l’existence même des islamistes tunisiens.

Les incompréhensibles fonfaronnades d’Ennahdha, que mène depuis si longtemps le Lion des lions, Rached Ghannouchi, lui qui, d’abord laïque et moderniste probaâthiste, a su manœuvrer jusqu’à conquérir les puristes zeïtouniens, tout en les réendoctrinant, semblent désormais menacer l’existence même du premier parti du pays.

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Un commentaire

  1. Dr. Ezzeddine Moudoud

    08/03/2020 à 00:06

    Un vrai patriote. On ne peut pas continuer comme ça, surtout après les évènnements tragiques des dernieres 24h…Donc je salue ce patriote, égaré depuis prés de 40 ans…Notre Tunisie éternelle a besoin de lui, ….de tous ses enfants…musulmans, juifs, chrétiens…tant qu’ils la respectent, ne jamais la trahir… où qu’ils se trouvent….et comme le dit Lotfi…. »prennez tout….mais laissez moi mon pays… »… Taoufik Missaoui, comme bien d’autres victimes innocentes des chiens islamistes, comme Belaid et Brahmi, ne sera jamais oublié…JAMAIS..comme l’a assuré Si Yless à sa famille. Au nom du TOUT PUISSANT, au nom de NOS ENFANTS, QUI N’ASPIRENT QU’A UNE VIE TRANQUILE ET SERVIR LEUR PATRIE, qu’on extermine ces chiens d’Islamistes pour sauver NOTRE ISLAM. Mais avant d’arriver là, espérons que d’autres « égarés », comme NOTRE FRÈRE, vont revenir à la raison… N’OUBLIONS JAMAIS LE DRAME DE NOS FRERES ALGERIENS dans les années 90, les années de larmes de sang des mères d’innocentes victims de l’idéologie faschiste….150.000 morts en 10 ans… Veut-on ça en Tunisie, le pays de BOURGUIBA? Je ne crois pas….

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