Le paysage énergétique tunisien est marqué par une augmentation ininterrompue de la demande d’énergie contre une stagnation des ressources nationales, ceci outre le déficit énergétique structurel de l’ordre de 50% enregistré en 2018 et qui s’accentuera pour atteindre 70% en 2030. L’approvisionnement énergétique du pays est fortement dominé par les hydrocarbures qui représentent 99% de la consommation nationale. Le secteur électrique notamment dépend totalement du gaz naturel dont les ressources disponibles seraient insuffisantes dès 2020, même si on exploite le pipeline tuniso-algérien existant. Le déficit pourrait atteindre 30 à 40% en 2030. Des défis sont  à relever pour les années à venir. Les enjeux stratégiques et socio économiques d’envergure  sont multiples, allant de la sécurité d’approvisionnement énergétique à la vulnérabilité de l’économie aux chocs des prix internationaux de l’énergie, la gravité du déficit de la balance commerciale, le coût de la subvention…

Notons que la facture énergétique de la Tunisie a atteint en 2017, 7% du PIB. Entre 2010 et 2018, les subventions énergétiques ont été multipliées par cinq, passant de 550 millions de dinars à 2,7 milliards de dinars, soit près de 10% du budget de l’Etat. La Tunisie est appelée aujourd’hui à s’engager dans un nouveau paradigme de transition énergétique, basé sur un changement d’échelle dans le développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Des objectifs ambitieux à long terme devraient être fixés conformément à l’engagement de la Tunisie pour la lutte contre le réchauffement climatique (Accord de Paris). L’Etat doit créer un environnement favorable à la participation du secteur privé au financement du secteur, dans le cadre de partenariat public-privé. L’objectif est de préserver l’intérêt des consommateurs et garantir la maîtrise publique de ce secteur stratégique. Il s’agit, également, de créer un nouveau mode de gouvernance garantissant la transparence dans la gestion du secteur. La transparence et la maîtrise de gestion, la mobilisation du secteur privé et la protection du consommateur nécessitent certes le renforcement de la fonction de régulation du secteur de l’énergie.

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