Beaucoup de discours mielleux ont été prononcés par les responsables de haut niveau et les économistes de tout poil pour rappeler que le continent dispose de plusieurs opportunités pour les entreprises tunisiennes. Des missions ont été également effectuées par des délégations économiques et des hommes d’affaires à certains pays de l’Afrique subsaharienne, et ce, dans le but de dénicher des affaires juteuses. Et quand l’occasion se présente pour exploiter comme il se doit les opportunités offertes, la Tunisie n’a pas saisi l’occasion pour s’imposer sur un marché prometteur et avantageux.

En effet, récemment, l’Assemblée des représentants du peuple a rejetée le projet de ratification de la Convention de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca), faute de quorum. En effet, le nombre des députés approuvant ce projet n’était pas suffisant pour le faire passer. Et ainsi, notre pays perd une occasion en or pour élargir les horizons des hommes d’affaires en matière d’exportation, d’autant plus que ladite convention offre une exonération des taxes pour tous les produits exportés.

Mais de source parlementaire, on estime que le même projet pourrait être présenté une nouvelle fois à la séance plénière pour approbation. Espérons que la prochaine fois, les députés seront conscients de l’importance de cette convention et voteront massivement en sa faveur. D’autant plus que certains pays de l’Afrique subsaharienne ont réalisé, durant ces dernières années, une croissance à deux chiffres, ce qui a permis à leur population d’améliorer leur niveau de vie et leur pouvoir d’achat. Les Africains sont en mesure d’acheter des produits de qualité à prix fort.

Au lieu de se limiter au marché européen qui accapare la grande partie de nos exportations, on pourrait s’orienter davantage vers les pays africains qui comptent un nombre énorme de consommateurs. En outre, l’expérience a montré que les produits tunisiens sont très appréciés par ces pays. Plusieurs secteurs pourraient trouver leur place dans ces marchés où les exportateurs tunisiens pourraient installer leur centrale d’achat et contacter directement les grands réseaux de distribution pour vendre les divers produits dans les grandes surfaces et les points commerciaux situés dans les pays ciblés.

Le transport aérien et maritime à destination des pays africains devrait être renforcé pour faire parvenir les marchandises dans les délais. Il est souhaitable également de réviser les prix de transport pour ne pas pénaliser les exportateurs et les encourager à vendre plus leurs produits. La Tunisie a accumulé des années d’expérience avec les pays africains dans plusieurs domaines dont celui de l’expertise et du conseil en matière d’infrastructure de base et d’assainissement. Cet effort pourrait se poursuivre, voire se consolider moyennant une présence significative dans ces contrées lointaines. Mais encore faut-il, au préalable, approuver la réglementation et la législation relative à la Zleca pour pouvoir commencer à exporter plus dans ces pays africains.

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