«Intégrer la Smart City passe avant tout par la rénovation de l’infrastructure, notamment technologique ainsi que par l’application des lois et réglementations portant sur l’incitation à l’investissement comme l’exonération d’impôt et de la TVA», a affirmé le maire de Sidi Bouzid, Abdelkader Néji.


Pour lui, le programme national Tunisia Smart Cities peut être un déclic pour développer une agriculture intelligente dans cette région qui est principalement à vocation agricole. Il peut être également un moteur d’emploi et de création de projets innovants dans le domaine agricole permettant de résorber le chômage, notamment des diplômés de l’enseignement supérieur de la région. En effet, lors de la réunion avec les représentants de l’association Tunisian Smart Cities et la société civile, le maire de Sidi Bouzid a affirmé que la ville souhaite adhérer à ce programme et a annoncé, dans ce contexte, que la commune procédera à délimiter le périmètre Smart City dans la ville.

Valoriser la production agricole

C’est dans ce sens que s’inscrit sa proposition de consacrer 2% du chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques au profit des municipalités qui, faute de financement public et d’encadrement, se trouvent les mains liées. «4% seulement des finances publiques sont allouées au financement des municipalités. Leur taux moyen d’encadrement ne dépasse pas les 4%. Soustraire 2% du C.A aux opérateurs téléphoniques au bénéfice des communes serait une manière de diversifier leurs ressources financières», a-t-il indiqué.

A vocation agricole, cette spécificité de la région doit être prise en considération lors de la mise en œuvre du programme Smart City, a fait savoir le maire. « Sidi Bouzid produit 30% du total de la production agricole nationale. Le programme SC doit, donc, tenir compte de la vocation agricole de la région. L’enjeu réside dans la valorisation notamment à travers l’exportation de cette production. Le programme Smart City pourrait être, également, porteur de solutions au problème du marché de gros de la ville qui demeure boudé par les agriculteurs, la quantité de la marchandise reçue dans le marché ne dépasse pas les 10% de sa capacité. Pourtant, la région fournit le quart de la production nationale de fruits et de légumes. La résolution de ce problème est, aussi, tributaire d’une action commune avec le ministère du Commerce qui doit surveiller les circuits de distribution », a-t-il précisé.

Mais intégrer les Smart Cities passe avant tout par la rénovation de l’infrastructure, notamment technologique ainsi que par l’application des lois et réglementations portant sur l’incitation à l’investissement comme l’exonération d’impôt et de la TVA. Un autre point clé, sur lequel a insisté le maire de Sidi Bouzid, est la communication sur les opportunités offertes par ce projet. Il a souligné, à cet égard, qu’il est nécessaire de créer des espaces dédiés à cet effet, où l’on s’attelle à informer les jeunes sur les nouveautés en la matière, moyennant les nouvelles technologies dont ils sont repus.

Des projets en suspens

Abdelkader Neji a, par ailleurs, saisi l’occasion pour braquer les lumières sur le déficit patent d’infrastructures dans la ville de Sidi Bouzid. Il a aussi lancé un appel aux autorités centrales pour trouver des solutions aux problèmes administratifs et de financement auxquels sont confrontés les jeunes porteurs de nouveaux projets. Si la municipalité de Sidi Bouzid aspire à un développement urbain inclusif, où le citoyen peut accéder facilement aux diverses commodités, le retard accusé dans le démarrage des grands projets d’infrastructure et les atermoiements des autorités centrales dans la mise en œuvre de ces projets, entravent la prospérité et l’épanouissement de la ville. «La commune profitera, à coup sûr, du projet d’autoroute reliant Tunis à Sidi-Bouzid. C’est un grand projet d’infrastructure qui n’a pas été jusque-là entamé. Il est en mesure de désenclaver la région et d’ouvrir des brèches d’investissement dans les villes de Sidi Bouzid», a précisé le maire. Idem pour le projet d’hôpital universitaire de Sidi Bouzid dont la ligne de financement est allouée par l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 300 millions d’euros mais qui n’a pas été débloquée. Le marché de production est aussi un autre projet en attente dans la région mais qui revêt une importance et un intérêt particulier de la part de la commune. «Ce projet permet de faire de Sidi Bouzid une plateforme régionale de production agricole. Cependant, sa réalisation est toujours entravée par l’absence du financement. Ce marché, qui s’étale sur une superficie de 20 hectares, coûte environ 60 millions dinars dont 20 millions sont actuellement disponibles. On peine à lever les fonds nécessaires pour entamer la phase de la réalisation», a-t-il affirmé.

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