Une assemblée où Wadii El Jery ne manquera pas de défendre son bilan sportif et surtout financier, en mettant en avant ses projets de développement pour le football tunisien. Avec un bilan honorable, de grands projets en cours de réalisation et un contexte des plus favorables, le président de la FTF veut montrer qu’il est toujours solide au poste.

Elu lors de l’assemblée du 18 mars 2016, et à moins d’un an de la fin de son mandat, Wadii El Jery est toujours debout. L’homme n’est pas prêt à rendre les clés et se prépare déjà pour les élections de 2020.

Le vent tourne actuellement en sa faveur, et ce n’est pas par hasard s’il a fixé le 1er mai pour organiser une assemblée générale ordinaire, alors que le championnat n’a pas encore touché à sa fin. Sa campagne électorale démarre aujourd’hui avec un bilan sportif et financier flatteur et éloquent dont la présentation est inscrite à l’ordre du jour.

L’objectif est de resserrer autour de lui sa base d’électeurs composée d’une large majorité de présidents de clubs qui ont confiance en lui. Durant son règne, le football tunisien est en train d’écrire ses plus belles pages. L’équipe nationale est classée 28e mondiale et 2e africaine après avoir occupé en 2018 la 14e place dans le classement Fifa et la 1ère en Afrique. Qualifiée pour la CAN 2019, elle est considérée plus qu’un outsider. Elle est un grand favori. Au niveau des clubs, les résultats sont au-dessus de toutes les espérances. L’Etoile est champion arabe et a de forte chances d’aller en finale de la coupe de la CAF.

Le CSS est lui aussi à 90 minutes de ce même bonheur.

En Ligue des champions, l’Espérance a mis un pied en finale après le match aller avec le Tout-Puissant Mazembe et a les moyens de remporter pour la deuxième fois consécutive le précieux trophée. Sur le plan financier, les chiffres sont ahurissants. Non seulement  la Fédération a lissé une dette de près de 8 milliards (7.861,000DT), mais son budget est passé dans un  saut spectaculaire de 12 millions de dinars en 2011/2013 à 45 milliards en 2017/2018, sans parler de sa part des revenus de la Coupe du monde en Russie débloqués en février 2019.

Même au niveau de l’arbitrage, le point «faible» de Wadii El Jery, sur lequel on ne cesse de tirer à boulets rouges, les progrès sont immenses. De 904 arbitres en 2015/2016, les chiffres ont grimpé (1.014 en 2016/2017, 1.128 en 2017/2018 et 1.338 en 2018/2019). La moyenne d’âge, elle, est descendue de 30 ans en 2016 à 25 ans en 2019. Celle des internationaux est passée de 35 ans en 2016 à 30 ans en 2018/2019. Cet effort de rajeunissement, bien apprécié à la CAF en attendant la Fifa, commence à porter ses fruits avec un retour fracassant de l’arbitrage tunisien dans les compétitions africaines comme en témoigne le choix de 5 internationaux (3 principaux Youssef Sraïri, Sadek Selmi et Haythem Guirat et 2 assistants Yamen Malloulchi et Anouar Hmila) pour le stage des referee retenus pour officier les matches de la CAN en Egypte. La modernisation du travail administratif au sein de la fédération est aussi une raison de fierté avec deux réformes majeures : le TMS national, copié-collé du TMS Fifa, qui fait passer tous les transferts de joueurs par le réseau informatique et la feuille de match électronique. Après la présentation de ce bilan aux représentants des clubs présents qui dépasseront de très loin le quorum requis pour la tenue de cette assemblée, le deuxième volet sera consacré à l’énumération des projets aussi nombreux que volumineux dans le cadre du programme «Forward». Un hôtel 5 étoiles pour la résidence des sélections nationales, un centre médico-sportif, une salle ultra-moderne de musculation et de massage, une maison des Ligues nationales, aménagement de deux terrains d’entraînement et deux nouveaux bus. Projets dont la réalisation dans un temps record est, aux yeux de Wadii El Jery, la meilleure illustration de sa politique du bureau fédéral. Qu’importe qu’on dise qu’il n’est pas un grand adepte dans le travail d’une règle d’or qu’est la collégialité, qu’il préfère ne pas déléguer ses attributions majeures, qu’il a un peu l’image d’un «tyran» qui tire toujours la couverture à lui et qui a la haute main sur tout. Pour lui, ce bilan prématuré de son mandat qu’il étale comme un précieux butin est la meilleure réponse à ses adversaires.

Hédi JENNY

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