La discipline a sauvé la Chine, l’indiscipline a noyé l’Europe, mais l’inconscience risque de perdre la Tunisie. Excès de pessimisme, dites-vous. Loin de là, car sans les forces de l’ordre, la guerre serait perdue. Entre le 18 mars, date de l’appel au confinement sanitaire et le 22 mars lorsque les forces armées sont descendues dans la rue pour instaurer l’obligation de se confiner, les gens se promenaient encore dans les rues comme si de rien n’était.

Le laps de temps entre le 18 et le 22 mars risque de fausser les espérances des décideurs politiques et tous les  intervenants qui se démènent dans tous les sens pour cerner la propagation du virus.

A Gafsa, la ville qui a vu apparaître le premier cas positif du coronavirus, l’indiscipline est maître des lieux dans certains quartiers où certains cortèges de voitures sillonnaient les artères de la ville pour fêter un mariage. Certains commerces étaient bondés de personnes venues s’approvisionner, tout comme dans certains bureaux de poste en cette fin du mois. Et même après 18h00, empressons-nous de dire que le respect des mesures de prévention par les citoyens laissait à désirer au vu de certains indisciplinés qui se baladaient  dans les artères de la ville.

Lundi dernier, vers midi et avec le nombre allant crescendo des personnes contaminées et la décision de faire appel aux forces armées pour faire respecter le confinement, un fond sonore d’Apocalypse :hélico, cortège combiné de police, soldats de l’armée et Protection civile conduit par le gouverneur de la région ont mis les pendules à l’heure et même les artères reculées de la ville n’ont pas échappé à la vigilance du service d’ordre qui effectue un travail de sape.

En première ligne, exposé aux risques de contamination –le personnel médical et paramédical de l’hôpital régional de Gafsa – où le devoir  l’emporte sur la peur et la panique qui sévit .Une cellule de crise a été mise en place avec des réunions non-stop.

Et même si la situation n’est pas aussi alarmante comme dans certaines autres régions du pays  (1 seul cas guéri), les mesures prises dénotent cet intérêt porté pour le risque zéro (difficile à atteindre). Il y a lieu de citer la décision de restaurer et aménager  une unité d’isolement destinée à accueillir les patients suspects.

Des efforts déployés par le service de maintenance ont permis d’équiper les lieux avec les moyens requis pour l’accueil des patients présentant un tableau clinique inquiétant pour faire appel ensuite au service du SAMU 06 qui demeure le garde-fou de la situation. Mais empressons-nous de dire que la protection des agents prête à polémique, tous postes confondus.

D’ailleurs, une réunion houleuse s’est tenue lundi matin avec le directeur de l’hôpital, au cours de laquelle  le syndicat de base du corps paramédical a mis le premier responsable de l’établissement devant ses responsabilités en revendiquant l’urgence de s’activer pour équiper les services et les agents des moyens et des équipements requis.

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