Étant des économies très ouvertes sur la zone euro et sensiblement dépendantes de la croissance de l’Union européenne, les pays nord-africains seront les plus exposés au retour de bâton et de la crise sanitaire qui sévit en Europe. 


En Tunisie,  la baisse de la productivité induite par les mesures de confinement et de restriction de la mobilité des employés pourrait engendrer une baisse du taux de croissance, qui revu à la baisse par rapport à ce qui a été initialement prévu (aux alentours de 2,2%), serait  compris entre 1,75% et 0,57%.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) ,relevant des Nations unies, a tenu jeudi 17 mars 2020 une conférence virtuelle pour débattre de l’impact de la propagation de l’épidémie coronavirus sur les économies en Afrique.

Dépendance du marché européen

Une présentation publiée à cet effet et classant les répercussions économiques de la crise sanitaire par région africaine a révélé que l’impact de l’évolution du virus sur les économies de l’Afrique du Nord est tributaire du degré de leur ouverture sur la zone euro ainsi que sur la Chine.

“Certains secteurs spécifiques, tels que le tourisme, le commerce , l’hôtellerie et la restauration, devraient être les plus touchés en Afrique du Nord. Le secteur touristique de la plupart des pays d’Afrique du Nord dépend du marché européen. L’effet attendu sera beaucoup plus important que la baisse simple et marginale du nombre de touristes chinois”, précise la commission dans le rapport.

Les résultats de 3 scénarios 

En ce qui concerne les répercussions de la baisse de la productivité suite à des mesures de confinement ou de restriction de la mobilité des employés, la CEA a publié les résultats d’un scénario basé sur  trois hypothèses, à savoir des baisses de la productivité respectivement de 20%, 30% et 50%. Les résultats obtenus montrent qu’à mesure que la productivité baisse, la perte du PIB ainsi que le taux du chômage augmentent.

Les trois hypothèses produiront les résultats suivants présentés par ordre croissant : une perte du PIB de -1.65%,  -2.45%, et de -3,97% couplée à une augmentation du taux de chômage respectivement de 1.53%, 2.19% et de 3.44%. Les prévisions du taux de croissance pour 2020  qui étaient de 2,2% selon les dernières estimations de la Banque Mondiale, seront, en outre, revues à la baisse pour se situer respectivement selon le degré de la baisse, aux alentours de   1.75%, 0.95% et de 0.57%.

Le commerce extérieur à la remorque de la zone euro

Pour le commerce extérieur en Tunisie, la situation serait particulièrement difficile si la crise qui frappe de plein fouet les économies de la zone euro persiste. Étant le premier partenaire commercial de la Tunisie, l’Union européenne s’accapare de plus de 73% des exportations tunisiennes. Ainsi, la demande extérieure est principalement tributaire de la croissance européenne.

Or, selon une étude qui a été publiée par l’Ocde au début du mois de mars courant, la croissance de la zone euro observerait une baisse de 0.3 %, avec l’Italie, le pays le plus exposé à un retour de bâton de la crise sanitaire avec une baisse de la croissance de 0,4%. Cette prévision est basée sur l’hypothèse que l’épidémie atteindra son pic en Chine au premier trimestre avec une reprise graduelle tout au long du deuxième trimestre.

Mais si la propagation du virus persiste et d’une manière plus étendue à travers le monde, le ralentissement de l’économie  dans la zone euro pourrait s’aggraver et “la croissance devrait demeurer, dans ce cas, en deçà de la normale et avoisiner 1 % par an en moyenne sur 2020-21”, dévoile l’étude. Par ailleurs, le rapport révèle que les économies nord-africaines seront également affectées par la perturbation des chaînes d’approvisionnement due à la contraction de la production manufacturière, en particulier le textile, l’électronique et la mécanique ainsi que par les restrictions de mobilité et, dans certains cas, le couvre-feu qui auront un impact négatif sur la continuité des activités.

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