Le Conseil ministériel tenu le 24 mars dernier a soumis à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) un projet de loi relatif à l’application de l’article 70 de la Constitution pour permettre au chef du gouvernement de promulguer des décrets-lois. Il s’agit en vertu de cet article, et pour un motif précis, de déléguer au chef du gouvernement, pour une durée déterminée qui ne dépasse pas les deux mois, le pouvoir de prendre des décrets-lois dans le domaine de la loi, lesquels seront soumis à l’approbation de l’Assemblée à la fin de la période en question.

En effet, au moment où nos médecins et les autres corps de métiers tels que les forces de sécurité se battent pour sauver des vies avec dévouement et avec force, alors que la situation sanitaire au pays se dégrade fortement et où la pression sur nos hôpitaux s’accentue, le gouvernement invoque une latitude plus large pour pouvoir agir avec force et détermination. Autrement dit, le gouvernement a besoin de  l’engagement de tous.

Pour cela, il doit être en mesure de prendre les décisions et les mesures adéquates pour ralentir la progression du virus.  Bien que ces décisions soient prises en concertation avec les scientifiques, avec  ordre et précision, il leur faut un habillage constitutionnel pour être en conformité avec la loi. C’est pourquoi l’engagement du Parlement, première source législative du pays, pour soutenir l’action du gouvernement dans son  combat contre l’épidémie, est indispensable.

Ainsi, pendant deux mois, période du pic de la pandémie, le gouvernement aura les coudées franches pour tracer les réponses à même de faire face à l’urgence et, si nécessaire, de légiférer par ordonnance dans les domaines relevant strictement de la gestion de crise. Aussitôt ces textes votés, le gouvernement sera appelé à aller au charbon et à faire montre, le plus finement possible, de sa capacité à protéger les Tunisiens dans cette crise sanitaire sans précédent qui aura des conséquences humaines, sociales et économiques majeures. Son action devra être, pendant ces deux mois, en fonction des besoins des Tunisiens et des réalités économiques. C’est que la Tunisie vit un moment très difficile et nul ne peut en prévoir précisément la durée.

Selon l’OMS, la Tunisie est parmi les pays les mieux habilités à contenir la pandémie grâce à sa stratégie préventive. Mais on est encore loin d’avoir gagné la bataille. Des dispositions spéciales doivent être prises pour surmonter la crise et en atténuer les effets. Pour y parvenir, nous avons besoin d’un gouvernement mû par la force sacrée de l’action, de jour comme de nuit.

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