L’une des recommandations de l’arrêt des compétitions sportives dans le monde entier , c’est que les  clubs ( professionnels en premier lieu),  ont dû changer de raisonnement. En passant d’un calcul économique  et financier ( basé sur les comptes d’exploitation et sur la rentabilité et le maintien d’indicateurs d’équilibre financier ),  à un autre « calcul » basé sur le social et la solidarité, on est devant une responsabilité sociale des clubs envers les joueurs et même  envers les sponsors, les composantes de la société et l’Etat dans la lutte contre le coronavirus. Cette responsabilité sociale va au-delà des chiffres et des engagements contractuels. Pour maintenir un tant soit peu les comptes et l’équilibre financier ( massacré par l’arrêt de la compétition et le manque à gagner en billetterie, publicité et droits TV), les clubs (sur insistance de la Fifa), ont demandé aux joueurs de baisser leurs salaires. Qui dit salaires, dit sûrement la rubrique la plus lourde qui permet à un club professionnel ( régi telle une entreprise économique) de sortir excédentaire en termes d’excédent brut d’exploitation. C’est l’indicateur stratégique qui rend sur la pertinence de la gestion opérationnelle (l’exploitation sportive) d’un club. Là, tous les clubs , grands et petits, sont en situation délicate : les salaires lourds est une menace. Ces clubs, soucieux et obligés de protéger leurs joueurs (conditions d’entraînement, assurance santé, versement des salaires, bien- être, suivi…) , sont aujourd’hui dans le cadre de cette responsabilité sociale ( ou sociétale), responsables de ce que produit le coronavirus. Stopper l’activité n’était pas un luxe. En même temps, et dans ce cadre de responsabilité sociale, on vire vers un nouveau concept rarement vu dans le cadre des activités professionnelles et marchandes, celui de la solidarité entre personnel et dirigeants ( actionnaires aussi ) dans le sens que les joueurs ( salariés),  l’entraîneur et le staff technique et administratif sont appelés à faire « un geste » pour limiter les dégâts. Ça parait bizarre, mais en temps de crise, en temps de force majeure, et pour préserver les comptes ( en vue d’un redémarrage futur), cette responsabilité sociale et « éthique » partagée  est une des clefs pour sortir de la crise économique du sport professionnel. Les joueurs du Barça ont fini par baisser leurs salaires ( sous la pression des socios et de la société civile Catalane).

D’autres joueurs ont accepté de sacrifier une partie de leurs droits contractuels ( Ronaldo par exemple). Ceci pour l’intérêt de tout le monde. Les clubs viennent à l’aide des victimes du coronavirus, financent l’acquisition du matériel médical, aident aussi leurs supporteurs ( l’exemple de l’AS Rome envers les adhérents) , et les joueurs aident, eux aussi, les personnes malades, les familles touchées et se portent solidaires envers leurs clubs-employeurs. Tout cela est dans l’intérêt de toutes les parties. Une responsabilité sociale qui, « grâce » au coronavirus, ressurgit et se met aux devants de la scène. Tant mieux, il n’ y a pas que les bénéfices et les salaires exagérés en sport.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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