Depuis que le virus SARS-COV-2 s’est propagé sur notre territoire conduisant à la fermeture de tous les établissements scolaires, la maison s’est transformée en salle de classe géante.  Qu’en pensent les parents ?

Depuis le début de la deuxième semaine du confinement total, l’ambiance dans la plupart des foyers tunisiens est devenue lourde et pesante. Agressifs et irritables, les enfants confinés 24h/24 sont déboussolés par cette situation étrange et insolite.

A côté de cela, la plupart des parents d’élèves se sont transformés en maîtres d’école improvisés le temps de l’épidémie du Covid-19.

Suivi des cours en ligne et utilisation des réseaux sociaux sur les pages de groupes de classes mais pas que. Utilisation de logiciels informatiques appropriés et devoirs à distance pour ceux qui donnent de leur temps et de leur énergie. Option des cours particuliers pour ceux qui ne peuvent pas assurer faute de temps.

Avec le risque de contamination au Covid-19, certains parents s’abstiennent de faire appel à autrui pour assister leurs enfants et ils ont bien raison.

Mais à quel prix ! Les témoignages qu’on rapporte font état de beaucoup de sacrifice, fatigue, don de soi de parents à bout de nerfs et qui jonglent avec les aléas causés par le confinement.

Une mère de famille résidant à l’Ariana se confie sur la méthode qu’elle emploie pour accompagner les cours à domicile de ses enfants inscrits au cycle primaire d’une école tunisienne homologuée du programme français.

Olfa E., quadragénaire, s’évertue à suivre quotidiennement les consignes données par les instituteurs de ses enfants âgés de près de dix ans pour suivre les cours assistés par ordinateur via les réseaux sociaux et les applications dédiées au cursus scolaire telles que l’indispensable  «Pronote».

La mère ou le père doivent se relayer en permanence pour assurer la continuité de l’école et occuper le cerveau et l’esprit de leur progéniture.  Une situation insolite qui n’est pas donnée à tous les parents et loin d’être une tâche aisée. En fonction de l’âge et de l’autonomie de chaque enfant, les parents ne sont pas face aux mêmes difficultés, loin s’en faut. C’est qu’il faut colmater les brèches pour obtenir des résultats et une concentration optimale des élèves cloués chez eux pour qui c’est loin d’être une partie de plaisir.  Durant cette période très particulière, les parents n’ont  pas d’autres choix que de concilier leurs efforts avec ceux des instituteurs pour espérer terminer le troisième trimestre dans les règles de l’art.

Le ministère de l’Education nationale est formel. Il n’y aura pas de passage automatique ni d’année blanche. Une saison scolaire 2019-2020 qui risque de se prolonger jusqu’au 31 juillet 2020 selon les officiels à ce rythme.

La technologie au secours des parents d’élèves

Une deuxième maman habitant à El Menzah  apporte un témoignage fracassant sur la fracture sociale qui marque cette interruption des cours d’école sur toute la République au motif de vacances scolaires. Elle estime que les familles qui n’ont pas accès à la technologie dans leurs foyers vont payer le lourd tribut du confinement général. Pour sa part, ses deux enfants inscrits au collège ont un sens de l’autonomie et un rapport aux outils informatiques qui la réconfortent. Elle affirme sans sourciller : «La mise en place d’un système de classe virtuel avec les professeurs de français ou d’éducation physique est une idée très attractive. Mes enfants adhèrent complètement et approuvent le concept. Ils en oublient presque qu’ils se sont confinés et cloîtrés à la maison!»  Un message teinté d’optimisme qui montre à quel point là encore le logiciel Pronote est l’atout indispensable et numéro un pour assurer en période de jachère scolaire. De manière générale, les parents veulent à tout prix que le troisième trimestre aboutisse dans les meilleures conditions afin de valider l’année scolaire qui est à 70% achevée. Comment peut-il en être autrement ? Le coronavirus a fait des siennes bouleversant les saisons scolaires ou sportives qui devaient toucher à leur fin d’ici juin 2020 dans un ordre normal des choses. «Pénible et frustrant.» concèdent-ils. Avec l’arrivée prochaine de Ramadan, il y a grand intérêt à ce que le confinement dans cette logique ne soit plus d’actualité, autrement les choses vont se compliquer sérieusement. Une situation exceptionnelle qui appellera à des décisions officielles, tout aussi exceptionnelles à coup sûr. Les jours qui viennent nous en diront plus.

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