Dans l’impitoyable bras de fer qui oppose actuellement  la Tunisie au coronavirus, et alors que le duel fait de plus en plus rage, d’aucuns ont agréablement découvert en nos municipalités une formidable disposition en temps de guerre. Ce «talent», qui nous était inconnu, s’est matérialisé par une contribution de tous les instants aux efforts de l’Etat tendant à contrecarrer la poussée de la pandémie.

En effet, on a constaté que les mairies ont mobilisé tous leurs personnels et sorti leur artillerie lourde, tout en mettant en place leurs propres «cabinets de crise « en vue de synchroniser les efforts entre les différentes structures. Continuant de gérer, sans la moindre perturbation, la collecte quotidienne des ordures ménagères et l’enregistrement des actes de décès et de naissance, elles sont allées jusqu’à prendre, de leur propre gré et sans les ordres de qui que ce soit, des initiatives à saluer et accueillies avec beaucoup de satisfaction par la population : mobilisation massive des ONG et des composantes de la société civile, collecte de produits désinfectants et de denrées alimentaires, réouverture des édifices publics  (établissements scolaires, salles de sport, maisons des jeunes, dépôts municipaux…) pour les mettre à la disposition des directions régionales de la santé et du commerce. Et cela, sans oublier les opérations quotidiennes de stérilisation des chaussées et établissements étatiques.

Prendre le taureau par les cornes

Paradoxalement, savez-vous que les municipalités ont abattu ce travail si colossal sans recevoir ni instructions, ni ordres, même pas de leur tutelle ? C’est hélas vrai, comme le soutiennent la majorité de nos maires qui ne cachent pas leur étonnement face à ce qu’ils considèrent comme «une humiliation «.L’un d’eux a accepté, sous couvert de l’anonymat, de vider le sac. «Le comble des bizarreries, tempête-t-il, est lorsqu’on vient dans votre territoire sans prendre la peine de vous informer. N’est-ce pas révoltant de voir des réunions officielles se tenir dans une  commune sans que son maire  y soit invité ? Sommes-nous devenus des…laissés-pour-compte ? Pourquoi certains gouverneurs, obnubilés par on ne sait quelle raison, persistent-ils à marginaliser l’action municipale qui demeure, pourtant, la condition sine qua non de la réussite de toute œuvre de développement local ?».

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