On ne saura jamais si la stratégie nationale de communication  adoptée  par le gouvernement en vue d’épauler le plan de lutte anticoronavirus avec toutes les dimensions qu’elle comporte aura jusqu’ici atteint les objectifs qui lui sont assignés, notamment au niveau de la sensibilisation des Tunisiens quant à sa crédibilité et surtout pour ce qui est de l’évidence de voir le confinement général appliqué à la lettre produire les effets escomptés.

Et si la scène médiatique, plus particulièrement télévisuelle, a été occupée presque exclusivement, ces derniers jours, par les experts et les spécialistes du ministère de la Santé et aussi par d’autres représentants de la profession « obligés » ou « déterminés » à ne pas rater « le festin TV » pour dire leur mot et promouvoir leur image et  leurs « affaires », la sortie médiatique du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh en pleine polémique politicienne sur l’issue qui sera réservée à son initiative législative demandant à ce que les députés lui accordent (hier) les prérogatives prévues par l’article 70 de la Constitution et aussi dans le contexte particulier marqué par une « incompréhension parfaite » des mesures socioéconomiques accompagnant le confinement général obligatoire, a montré, encore une fois, qu’au niveau de la communication par la Kasbah, il reste beaucoup à faire pour que les Tunisiens ayant besoin d’aides sachent au moins quand et où ils auront droit aux primes exceptionnelles qui leur ont été accordées ou quand ils prendront possession des « couffins du coronavirus ».

Elyes Fakhfakh aura beau parler aux Tunisiens le langage de la vérité, aura beau reconnaître les erreurs commises, plus particulièrement à l’encontre des citoyens oubliés ou ignorés par les listes officielles des personnes dites fragiles, et aura beau rappeler qu’il est l’unique maître à bord et qu’il est disposé à rectifier les erreurs des autres et à en assurer la responsabilité, l’impression générale qui se dégage de la production médiatique du « frais » chef de gouvernement – comme il se définit lui-même –  a malheureusement laissé planer un certain manquement, une quelconque chaîne qui ne fonctionne pas comme il se doit, un oubli spontané ou « intentionnel » qui fait que «la reconstruction et la confiance », sceau sous lequel il place l’action de son gouvernement, tardent toujours à s’installer dans la pratique quotidienne des institutions et des personnes chargées justement de donner corps et âme au retour tant espéré de cette confiance. 

  Et la production offerte par les députés réunis en séance plénière tenue sous le signe de la digitalisation tant vantée et introduite comme la solution miracle aux problèmes du parlement de prouver encore une fois, contre les locataires du palais du Bardo et les Tunisiens, le fossé ne fait que se creuser, de jour en jour, et la rupture est, de plus en plus, réelle. Ce qui augure de jours assez durs pour Fakhfakh dans ses rapports avec les élus de la nation, plus particulièrement avec ceux de son alliance, même s’ils consentiront à lui accorder les attributions très réduites de l’article 70 de la Constitution.

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